Comment Novak Djokovic est devenu la bête noire du pouvoir serbe, au point d'aller s'installer en Grèce

Le champion serbe est entré en lice mardi au tournoi ATP d'Athènes, ville dans laquelle il est désormais installé avec sa famille. Son soutien au mouvement de la jeunesse serbe contre la corruption lui a valu une campagne de dénigrement dans son pays.

Article rédigé par franceinfo
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Novak Djokovic au tournoi de tennis de Shanghai, le 11 octobre 2025. (CHEN HAOMING / XINHUA / MAXPPP)
Novak Djokovic au tournoi de tennis de Shanghai, le 11 octobre 2025. (CHEN HAOMING / XINHUA / MAXPPP)

Après sa défaite en demi-finales à Shanghai contre Valentin Vacherot, Novak Djokovic participe depuis mardi 4 novembre au tournoi de tennis d'Athènes. Et ce n'est pas un hasard. D'abord parce qu'il est organisé par son frère Djordje, et ensuite parce qu'il habite désormais dans la capitale grecque. Un déménagement précipité parce que l'homme aux 24 Grand Chelem est devenu indésirable dans son pays, en Serbie.

S'il est aujourd'hui persona non grata en Serbie, c'est parce que Novak Djokovic apporte son soutien depuis un an au mouvement de révolte de la jeunesse, orchestré par les étudiants qui dénoncent la corruption du pouvoir. A l'origine de ce conflit, l'effondrement d'un abri-bus à la gare de Novi Sad qui a causé la mort de seize personnes, le 1ᵉʳ novembre 2024. Les étudiants sont alors sortis dans la rue pour protester contre les autorités, entraînant avec une partie de la population et Novak Djokovic. "Je suis à côté du peuple et des jeunes, a-t-il dit en juillet. Je n'éprouve que de la sympathie pour ceux qui manifestent."

Les médias favorables au pouvoir crient alors à la trahison et traitent même le champion de faux patriote et d'ennemi d'Etat. Novak Djokovic devient, par les réseaux sociaux et les interviews qu'il donne, le porte-parole d'une jeunesse qui ne cesse de crier sa colère et qui continue encore aujourd'hui.

Évidemment, Novak Djokovic reste une idole et un héros national. Mais maintenant qu'il est tombé en disgrâce, il a ressenti le besoin, pour ne pas dire l'impérative nécessité, de déménager, de partir. Il a donc quitté Belgrade pour s'installer à Athènes, où il a délocalisé le tournoi organisé à l'origine dans la capitale serbe et où, depuis deux mois, il vit avec son épouse et ses deux enfants dans un environnement qu'il juge "favorable", que ce soit sur le plan psychologique, physique ou émotionnel.

Le caillou dans la chaussure du pouvoir en place

Il ne faut pas négliger le poids de Novak Djokovic. Il est la fierté du pays. Chacun de ses succès est fêté, célébré. Novak Djokovic est sans conteste le Serbe le plus connu dans le monde. Il cumule 25 millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, soit quatre fois plus que le nombre d'habitants en Serbie. Et il a toujours été très apprécié pour ses positions nationalistes, notamment concernant le Kosovo. Il a été soutenu par la population quand il a refusé de se faire vacciner aussi contre le Covid.

Bref, "Djoko" reste très populaire en Serbie, même si le pouvoir tente tant bien que mal de le discréditer. Tellement populaire d'ailleurs que certains lui prévoient un avenir politique quand il aura pris sa retraite. Cela ne saurait tarder, et au plus haut sommet de l'État, on ne le voit pas d'un très bon œil. D'où cette campagne de dénigrement pour écorner son image.

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