Reportage "On dirait qu'il y a eu fraude" : au Brésil, les électeurs de Bolsonaro acceptent la défaite mais se questionnent

Dimanche, le libéral Flavio Bolsonaro a perdu contre son opposant de gauche Lula. L'ouverture de certains bureaux de vote a été prolongée de deux heures, offrants aux bolsonaristes de quoi douter de la légalité du scrutin, sans pour autant demander son annulation.

Article rédigé par franceinfo
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Flavio Bolsonaro et un électeur après les premiers résultats annonçant sa défaite à la présidentielle lors de la soirée électorale le 25 octobre 2026 à Brasilia, au Brésil. (PABLO PORCIUNCULA / AFP)
Flavio Bolsonaro et un électeur après les premiers résultats annonçant sa défaite à la présidentielle lors de la soirée électorale le 25 octobre 2026 à Brasilia, au Brésil. (PABLO PORCIUNCULA / AFP)

Au Brésil, l'amertume s'empare du camp bolsonariste. Battu au second tour de l'élection présidentielle dimanche 25 octobre par son adversaire de gauche, le chef de l'état Luis Ignacio "Lula" da Silva, Flavio Bolsonaro a envisagé de demander l'annulation du scrutin. Mais il a finalement affirmer lundi qu'il dirigerait l'opposition contre Lula. Le parti libéral a fini par reconnaître sa défaite, lundi également, mais qu'en pensent ceux qui ont voté pour lui ?

Sous une pluie fine et glacée, le visage à demi caché par sa capuche JanJou à la défaite amère. Plus de 24 heures après, il ne comprend pas la décision de la justice électorale d'avoir prolonger de deux heures l'ouverture de certains bureaux de vote. "Je crois que ça va laisser un doute, c’est certain... Deux heures de plus dans deux États ? Je n’arrive pas à comprendre pourquoi. Et celui qui a signé le document pour obtenir cela, c’était un type qui a été l’avocat de Lula. On se pose des questions évidemment. On dit qu’il y a eu fraude...", observe-t-il.

"Mais de là à contester le résultat ? Non, c'est pas mon genre il faut accepter la défaite."

JanJou, électeur bolsonariste

à franceinfo

Si Flavio Bolsonaro a tenté de contester le résultat, le parti libéral, sa formation politique, a mis fin à l'incertitude. Mais rien n'y fait : "Je suis allé rendre visite à mon père. Comme vous le savez, il est assigné à résidence, expliquait le candidat malheureux. Je m’apprêtais à partir et la police fédérale de Lula m’a interpellé en pleine rue et m'a sommé de remettre mes passeports. On m’a également interdit de quitter le pays... Est-ce cela, la justice ? C’est le signe que notre démocratie a fait faillite", s'indigne-t-il.

Flavio Bolsonaro est visé par trois enquêtes de la police fédérale pour blanchiment, détournement de fonds publics et financement illégal.

"Bolsonaro est un type du bas de l'échelle"

Dans ce quartier de la classe aisée de Rio, Marzio, un électeur bolsonariste est déjà passé à autre chose : "Comme disait un vieil entraîneur de football, celui qui pleure a déjà perdu... Bolsonaro est un type du bas de l'échelle, c'est comme ça qu'on dit au Brésil pour les élus du congrès transparents. Jamais il n'aurait imaginé un jour pouvoir gagner la présidentielle brésilienne", selon lui.

Les habitants de Rio connaissent bien la famille Bolsonaro : ils savent que l'échec de Flavio attisera l'ambition politique de sa belle-mère, Michelle, opposée à sa candidature à la présidentielle.

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