Cyberattaques : des frigos piratés, les stocks de l'Établissement français du sang visés

Publié
Liste des vidéos similaires

Article rédigé par France 2 - Y. Relat, A-C. Roth, A. Gras, V. Bouffartigue, F. Deltei, E. Noël. Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions

Après les frigos des supermarchés, des pirates ont visé un prestataire de l’Établissement français du sang. Ils ont tenté de faire bondir la température des chambres froides, alors qu’elles contenaient du plasma destiné aux transfusions. Les alarmes ont permis d’intervenir à temps et aucun produit n'est perdu, assure l’établissement.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Des produits sanguins destinés à sauver des vies, comme des poches de plasma, ont été ciblées par une cyberattaque de grande envergure dans plusieurs régions françaises.

Dans la soirée du mercredi 4 novembre, des personnes venues donner leur sang dans un centre parisien ont encore du mal à y croire. "C'est super triste, il y a des gens malades qui attendent, des familles, des femmes enceintes. C'est mettre en péril la vie de certains", dénonce une femme. "Je trouve ça quand même très grave. Et ça pose des questions sur la moralité de ces personnes", glisse une autre. "C'est censé être sécurisé, c'est quand même du sang, c'est quelque chose d'important. Ça me surprend, ça me choque un peu", avance de son côté un homme.

Une attaque sans précédent

Dans la nuit de dimanche à lundi, des hackers prennent le contrôle du système informatique d'un prestataire de l'Établissement français du sang. Dans trois régions différentes, des congélateurs habituellement réglés à - 30°C reçoivent soudain l'ordre de dégivrer. L'alerte est alors transmise au siège de l'établissement. Sur deux sites, l'attaque est neutralisée. Sur le troisième, les poches de plasma sont transférées vers d'autres congélateurs par prudence.

Aucune perte n'est à déplorer, mais l'attaque est sans précédent. "Comme on a repéré ça rapidement, on a pu immédiatement prendre les mesures nécessaires, donc il n'y a eu aucun impact sur aucun des produits qui étaient conservés dans les chambres froides. Ce n'est pas du vol de données, ce n'est pas la compromission d'un système d'information, c'est viser quelque chose de très physique. Ça fait simplement que confirmer qu'on doit avoir le niveau de vigilance maximale", commente Frédéric Pacoud, le président de l’Etablissement français du sang.

Par un communiqué, la société Coolworld, qui mettait à disposition ses congélateurs pour l'Établissement français du sang, minimise l'ampleur des attaques : "Seul un nombre limité d'équipements Coolworld a été touché. L'entreprise a réagi rapidement et a pris les mesures qui s'imposent."

Les frigos, des cibles faciles

Ces piratages coordonnés ont pourtant affecté d'autres cibles, comme des supermarchés en Belgique et en Suède il y a deux jours, après des supermarchés français le mois dernier. Les frigos sont des cibles faciles, selon un expert. "Cette attaque est assez simple en théorie, parce que si les frigos sont connectés à Internet pour pouvoir être pilotés par les frigoristes, les cybercriminels peuvent eux aussi rentrer sur ces frigos", explique Benoit Grünemwald, expert en cybersécurité chez ESET.

Selon le ministère de la Santé, les investigations vont se poursuivre afin de mieux comprendre le mode opératoire des hackers, et garantir qu'aucun autre site ne sera vulnérable face à de nouvelles attaques.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème