Justice restaurative : Riss, le directeur de Charlie Hebdo, dénonce la "démarche très perverse" de Salah Abdeslam

L'avocate de Salah Abdeslam, dernier membre encore en vie des attentats du 13 novembre 2015, a annoncé mardi qu'il avait "exprimé" la demande d'entrer en contact avec des parties civiles, dans une démarche de "justice restaurative".

Article rédigé par franceinfo
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Riss, directeur de la publication de Charlie Hebdo, sur franceinfo, le 12 novembre 2025. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)
Riss, directeur de la publication de Charlie Hebdo, sur franceinfo, le 12 novembre 2025. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, juge mercredi 12 novembre sur franceinfo "très perverse" la volonté de Salah Abdeslam, le dernier membre encore en vie des commandos du 13-Novembre, d'entamer une procédure de justice restaurative avec les parties civiles.

"La justice restaurative, c'est quelque chose qui existe pour d'autres types de crimes, délinquance, violence, pour les crimes de droit commun. Or le terrorisme, ce n'est pas un crime de droit commun. Il y a eu une cour de justice spéciale. En faisant cette demande, Abdeslam fait croire que le terrorisme, c'est un crime comme les autres", estime Riss. "C'est très pervers parce que ça cherche à banaliser les violences terroristes" qui deviendraient "un crime comme les autres", poursuit-il.

"C'est un islamiste pur et dur"

Le dessinateur, grièvement blessé lors de l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, dénonce également "une deuxième perversité" dans la démarche du terroriste. Selon lui, "ça fait peser la responsabilité sur les victimes". "Si les victimes refusent, ce sont les victimes qui n'ont pas l'esprit ouvert, qui ne sont pas dans une démarche de dialogue alors que lui le serait", explique-t-il. Riss dit ne "pas du tout" croire à la sincérité de Salah Abdeslam : "C’est un islamiste pur et dur et il le restera toute sa vie. Je n'ai aucune illusion là-dessus."

À la veille des commémorations des dix ans des attentats du 13 novembre 2015, Charlie Hebdo a dévoilé mercredi une Une volontairement provocatrice. Elle montre Salah Abdeslam nu dans une scène à caractère sexuel avec un islamiste barbu. "Dix ans après, il faut être cash, il ne faut pas tourner autour du pot", explique Riss. "Je ne vois pas qui pourrait être offensé à part les terroristes. Ceux-là, on peut les offenser. Il n'y a pas de problème", assure-t-il.

Toujours placé sous protection policière depuis l’attentat de janvier 2015, Riss reconnaît que cette situation reste difficile : "J'ai toujours l'espoir qu'un jour, je revivrai un peu comme tout le monde. Mais c'est vrai que ce n'est pas une vie comme tout le monde, ce n'est pas une vie banale".

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