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Air chaud, fumées et pyrocumulonimbus... On vous explique ce qu'est un "feu convectif", comme celui en cours dans les Landes

L'incendie en cours dans les Landes depuis jeudi est particulièrement difficile à maîtriser à cause de son caractère "convectif".

Article rédigé par Antoine Deiana
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1min
Des pompiers luttent contre un incendie dans les Landes en juillet 2026. (LAURENT THEILLET / MAXPPP)
Des pompiers luttent contre un incendie dans les Landes en juillet 2026. (LAURENT THEILLET / MAXPPP)

Un nouvel incendie est toujours en cours dans les Landes, vendredi 14 août. Plus de 1 000 hectares ont été parcourus par les flammes. Le préfet des Landes expliquait au micro de franceinfo que ce feu était difficile à maîtriser à cause de son caractère "convectif".

Un feu convectif c'est un feu suffisamment puissant pour modifier sa propre météo, à l'échelle locale. Concrètement, la chaleur provoque un très puissant courant ascendant : de l'air chaud, des fumées et des cendres montent dans l'atmosphère, parfois sur plusieurs kilomètres. C'est ce qu'on appelle la colonne convective.

Des "sautes de feu"

Cette convection perturbe les vents autour du feu : l'air aspiré vers la colonne mais aussi de brusques rafales descendantes peuvent provoquer des changements rapides de direction du vent. Résultat : le feu devient beaucoup plus difficile à anticiper pour les pompiers. Surtout, cette colonne emporte avec elle des braises. Elles peuvent retomber plusieurs centaines de mètres, voire plusieurs kilomètres plus loin, et déclencher ce qu'on appelle des "sautes de feu" et potentiellement de nouveaux foyers. On entre donc dans une sorte de boucle : plus le feu devient puissant, plus la convection peut se renforcer. Cette convection peut à son tour favoriser les sautes de feu et rendre l'incendie encore plus difficile à maîtriser.

Déjà fin juillet, on a observé ce phénomène en Gironde, avec de terribles conséquences sur le terrain. Le feu de Saumos, qui a parcouru environ 42 000 hectares, a généré un pyrocumulonimbus : un véritable nuage d'orage, créé par l'incendie lui-même. Un phénomène extrêmement rare en France.

La préfecture a alors signalé une intense activité électrique, avec des éclairs. La colonne convective transportait également des braises capables de créer de nouveaux foyers à distance. Résultat : de nouveaux départs de flammes, un vent devenu totalement imprévisible, et un feu qui, en 24 heures, est passé de 19 000 à plus de 32 000 hectares brûlés.

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