LFI s'empare de Roubaix et Vénissieux mais échoue à Toulouse et Limoges au 2d tour des municipales 2026

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Article rédigé par Laure Cometti
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5min
Les figures de La France insoumise : de gauche à droite, Manuel Bompard, Sophia Chikirou, Jean-Luc Mélenchon, François Piquemal et David Guiraud. (Heloise Krob / FRANCEINFO)
Les figures de La France insoumise : de gauche à droite, Manuel Bompard, Sophia Chikirou, Jean-Luc Mélenchon, François Piquemal et David Guiraud. (Heloise Krob / FRANCEINFO)

A Poitiers, Strasbourg et Clermont-Ferrand, des candidats écologistes et socialistes, soutenus par La France insoumise après des fusions d'entre-deux tours, ont été battus.

Après un premier tour encourageant pour un parti quasi absent à l'échelon municipal, le second tour du scrutin n'a pas permis à La France insoumise de concrétiser tous ses espoirs. Victorieuse à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dès le premier tour et qualifiée dans 96 communes dimanche 22 mars, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon décroche Roubaix (Nord) et mais échoue à Toulouse et Limoges et reste un peu en deçà de la "petite dizaine de victoires" espérée par Jean-Luc Mélenchon. Ce second tour était aussi un test pour les accords conclus entre les candidats insoumis et d'autres candidats de gauche, qui n'ont que très rarement porté leurs fruits.

La "percée" de LFI "se confirme, s'amplifie et se renforce" au second tour, a réagi Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, à 20h20 dimanche. Les résultats du second tour montrent le "recul de la gauche traditionnelle", alors que "la gauche de rupture se renforce", a estimé l'insoumis, citant notamment la victoire du candidat communiste à Nîmes. "LFI fait une entrée fracassante dans les conseils municipaux, s'est-il réjoui, déjà tourné vers 2027 et la présidentielle. L'année prochaine, la nouvelle France peut l'emporter."

Des victoires dans les banlieues parisienne et lyonnaise

Dans le Nord, le député LFI David Guiraud remporte largement l'élection à Roubaix. Arrivé en tête au premier tour (46,64%), il recueille 53,19% des suffrages exprimés, très largement devant le maire sortant Alexandre Garcin, à 25,55%. Une prise très symbolique pour LFI car cette ville, l'une des plus pauvres de l'Hexagone, était jusqu'alors dirigée par la droite. LFI s'impose aussi au Tampon, la troisième plus grosse ville de La Réunion (80 000 habitants), où Alexis Chaussalet l'emporte face à la droite.

Les insoumis décrochent plusieurs villes de banlieue, dirigées par la gauche. En périphérie de Lyon, le député LFI Idir Boumertit remporte le second tour à Vénissieux (Rhône), avec 34,11% des voix face à la maire sortante PCF Michèle Picard (33,90%). A Vaulx-en-Velin, LFI revendique la victoire de son candidat Abdelkader Lahmar face à la socialiste Hélène Geoffroy, que François Hollande était venue soutenir en campagne. La ville de Saint-Fons est aussi gagnée par un candidat LFI.

En banlieue parisienne, le député LFI Aly Diouara s'impose, de peu, dans le bastion communiste de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), avec 51,53% des bulletins, contre 48,47% pour le socialiste Oumarou Doucouré, selon les résultats définitifs. Les insoumis gagnent aussi à Sarcelles (Val-d'Oise), où ils soutenait la liste citoyenne de Bassi Konate. En revanche, dans le Nord, Patrick Proisy, le maire de Faches-Thumesnil (Nord), qui était le seul insoumis à diriger une ville moyenne avant le 15 mars, n'a pas été réélu : avec 43,12% des suffrages exprimés, il est battu par le candidat de droite Brice Lauret (48,71%). Les insoumis perdent donc leur laboratoire municipal après seulement un mandat.

Peu de fusions gagnantes

Grâce à des scores supérieurs à 10% dans plusieurs communes, les insoumis pouvaient en effet faire basculer le second tour dans plusieurs grandes villes. Les fusions à géométrie variable ont-elles permis à la gauche de l'emporter, ou bien ont-elles plombé des candidats alors que certains électeurs socialistes ne souhaitaient pas se reporter vers LFI ? 

A Toulouse, le député LFI François Piquemal, numéro 1 sur la liste d'union conclue avec le socialiste François Briançon, décroche 46,13% des suffrages, nettement distancé par le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc, crédité de 53,87% des voix. A Limoges, LFI ne parvient pas à reprendre la ville à la droite, malgré ses divisions internes et en dépit d'une alliance à gauche. Le député Damien Maudet, soutenu dès le premier tour par les Ecologistes et Génération.s (24,9 %), et qui avait fait alliance avec le candidat soutenu par le PS et le PCF Thierry Miguel (16,9%), récolte 40,82 % des suffrages exprimés, plus de 10 points derrière le candidat LR Guillaume Guérin (51,25%).

Une force d'appoint pour la victoire de la gauche à Lyon et Nantes

Dans plusieurs grandes villes, les candidats insoumis avaient conclu un accord derrière d'autres candidats de gauche mieux placé, en majorité des maires sortants. Au second tour, ils ont semble-t-il contribué à la reconduction de la gauche et des écologistes à Nantes et Lyon, mais pas à Strasbourg, Poitiers ni Clermont-Ferrand.

A Lyon, le maire sortant écologiste, Grégory Doucet, avait conclu une fusion "technique" avec la députée LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, qui lui a permis de gagner de justesse son duel (50,67%) face à Jean-Michel Aulas (49,33%), l'ancien patron du club de l'OL, soutenu par la droite et le centre. A Nantes, la maire Johanna Rolland conserve son écharpe tricolore, avec 52,18% des voix. Après le premier tour, la numéro 2 du PS avait conclu un accord avec la liste LFI de William Aucant pour empêcher la droite de conquérir la cité atlantique.

Des alliances qui échouent à Strasbourg, Poitiers et Clermont-Ferrand

En revanche, ces accords n'ont pas toujours été fructueux. "La France insoumise ne gagne pas, et elle fait perdre la gauche", a taclé le socialiste Pierre Jouvet, sur France2. A Strasbourg, la maire sortante écologiste, Jeanne Barseghian, distancée par l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, avait conclu un accord avec LFI. Leur liste d'union a reçu 31,7% des voix exprimées, derrière Catherine Trautmann, qui s'était allié à Horizons, et récolte 37%. Même échec à Poitiers, où la maire écologiste sortante, Léonore Moncond'huy, alliée au candidat Insoumis et aux communistes, engrange 40,79% des bulletins, insuffisant pour remporter la quadrangulaire poitevine, gagnée par la droite.

Scénario similaire à Clermont-Ferrand : le maire socialiste sortant Olivier Bianchi (29,99%au premier tour), menacé par la droite, avait conclu une fusion technique avec la députée LFI Marianne Maximi (17,01%). Leur alliance ne parvient pas à conserver la ville, en recueillant 45,45% des voix. A Paris, où Sophia Chikirou s'était maintenue après le refus du socialiste Emmanuel Grégoire de fusionner leur liste, la candidate LFI voit son score reculer, avec 7,96% des voix, contre 11,72% au premier tour. A Rennes, le maintien de la LFI Marie Mesmeur, forte de 18,61% des voix au premier tour, n'empêche pas la maire sortante socialiste de conserver la mairie. Mais LFI peut se réjouir de maintenir et légèrement renforcer son résultat du premier tour, avec 19,84% des suffrages.

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