Les bus à hydrogène de Pau bientôt mis à l'arrêt : un fiasco à 13 millions d'euros ?

Publié Mis à jour
JT de 20h du Jeudi 06 août 2026 France 2
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Article rédigé par France 2 - G. de Florival, A. Girardeau, D. Breysse, C. Gautier, D. Aysun - Édité par l'agence 6Medias
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Six ans après leur inauguration par Emmanuel Macron, les bus à hydrogène de Pau (Pyrénées-Atlantiques) vont déjà être remplacés. Ils devaient incarner l’avenir des transports propres, mais la station de ravitaillement enchaîne les pannes, les coûts de maintenance s’envolent et le constructeur a fait faillite. Chronique d’un projet à plusieurs millions d’euros qui tourne au fiasco.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Ils ont été des pionniers, un modèle de mobilité propre. À Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, les bus à hydrogène vont pourtant être retirés de la circulation. Un crève-cœur pour les usagers. "Il ne faut pas les enlever, c'est super bien pour la population et pour le bien de l'environnement", assure une femme. "Je vis en centre-ville et en termes de bruit, on ne les entend pas. Donc, je pense que c'est aussi un point positif pour les habitants de Pau", juge une autre.

Mais selon la nouvelle majorité de l'agglomération, ce système est un fiasco. Pourtant, en 2020, Emmanuel Macron lui-même avait inauguré cette nouvelle flotte ultramoderne en présence du maire de l'époque, François Bayrou, à l'origine du projet. Ces bus ont coûté 13 millions d'euros.

Et depuis, les difficultés s'accumulent : des pannes récurrentes de la station de recharge obligent à acheter de l'hydrogène, produit ailleurs en France et transporté par camion. Un paradoxe environnemental. Ensuite, le constructeur a fait faillite en 2024. La maintenance des véhicules devient un enfer. "Ça a posé problème en matière de pièces détachées, de réapprovisionnement. Ce sont des véhicules qui n'ont pas été fabriqués en série, qui sont plus de l'ordre de prototype. Donc, c'est plus compliqué, beaucoup plus long pour avoir des pièces détachées", explique Philippe Castagno, secrétaire général CGT STAP IDELIS.

"Une folie absolue" pour François Bayrou

Selon l'agglomération, le projet n'était pas fiable. "Il est louable de vouloir décarboner, mais ce projet-là est totalement inadapté à notre réseau", écrit Laurent Jacottin, président de Pau Béarn Pyrénées Mobilités, maire de Billère. François Bayrou, l'ancien maire, rejette ces accusations. "C'est une folie absolue. Ces bus-là ont transporté 14 millions de personnes et fait 2 millions de kilomètres en 6 ans. Et ils marchent parfaitement. Et on veut démolir ça ?", réagit-il.

À Pau, ces bus à hydrogène seront bientôt remplacés par des modèles électriques et hybrides. Le coût de cette transition n'est pas encore connu.

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