Printemps des comédiens : le festival montpelliérain épinglé pour sa gestion

La Chambre régionale des comptes (CRC) d'Occitanie a dénoncé lundi "d'importants dysfonctionnements de gestion et de contrôle".

Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Le Printemps des comédiens épinglé pour sa gestion sous la gouvernance de Jean Varela, directeur de l'institution de 2011 à fin 2025, qui pose ici le 2 juin 2022. (PASCAL GUYOT / AFP)
Le Printemps des comédiens épinglé pour sa gestion sous la gouvernance de Jean Varela, directeur de l'institution de 2011 à fin 2025, qui pose ici le 2 juin 2022. (PASCAL GUYOT / AFP)

Le Printemps des comédiens, l'un des plus importants festivals de théâtre de France, essuie les critiques de la Chambre régionale des comptes (CRC) d'Occitanie, qui a critiqué lundi 8 juin sa situation financière "préoccupante" et dénoncé "d'importants dysfonctionnements de gestion et de contrôle".

"La gestion de l'association le Printemps des comédiens met en lumière plusieurs dysfonctionnements notables qui ont été favorisés par un certain effacement des instances de gouvernance au profit du seul directeur", l'homme de théâtre Jean Varela, qui a dirigé l'institution de 2011 à fin 2025, indique la CRC dans un rapport initié par un signalement du président du conseil départemental de l'Hérault.

"Ainsi, sans qu'il ne dispose des pouvoirs et délégations nécessaires, le directeur a concentré une grande partie des prises de décisions. Dans ce contexte, de nombreuses dépenses s'avèrent insuffisamment justifiées", ajoute la juridiction financière, dont le rapport porte sur la période 2019-2024. La CRC cite en exemple "deux ruptures conventionnelles" pour un montant total de 143 000 euros signées par le directeur, ainsi que les budgets "peu détaillés" de deux productions majeures : 720 529 euros concernant Après la répétition/Persona d'Ivo van Hove en 2023 et 911 517 euros pour Bérénice, créée en 2024 par Romeo Castellucci à Montpellier avec Isabelle Huppert.

Le Printemps des comédiens a bénéficié sur la période visée d'un "soutien public significatif de 12,8 millions d'euros" (département, Métropole de Montpellier, Etat et région), mais ces instances "n'ont pas exercé pleinement" leur rôle de contrôle, souligne aussi la CRC.

L'ancien directeur se défend

Annonçant le départ de Jean Varela en décembre 2025, la Métropole s'était alors contentée d'indiquer qu'"aucun accord contractuel" n'avait été trouvé pour prolonger sa mission. Dans sa réponse à la CRC, elle explique avoir mis fin aux fonctions du directeur en raison "d'incertitudes financières et du manque de transparence de la direction".

Jean Varela a pour sa part indiqué au CRC que "loin d'être en déficit", l'association Printemps des comédiens présentait des "comptes positifs, avec un excédent de 183 000 euros". Une lecture des comptes contestée par le maire et président de la Métropole de Montpellier, Michaël Delafosse. "J'ai moi-même constaté l'ampleur du déficit, que la Métropole est venue compenser. Pour les administrateurs, c'était toujours très compliqué d'avoir des explications sérieuses", a déclaré à l'AFP Michaël Delafosse, en précisant qu'il ne "s'interdit rien" sur le plan judiciaire.

Le nom du successeur de Jean Varela, sélectionné par un jury, doit être annoncé mercredi, a aussi indiqué le maire de Montpellier.

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