Artisan chocolatier : l’art du chocolat se met sur son 31 pour Noël

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Article rédigé par France 2 - C. Rougerie, M. Male, M. Le Rue - Édité par l'agence 6Medias
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En cette période de Noël, comment allier gourmandise et engagement ? L'équipe de France 2 a suivi l'artisan chocolatier Christophe Bertrand, dans son atelier à Savigny-sur-Orge, dans l'Essonne. Une aventure de cœur avant tout.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Sa rencontre avec le chocolat remonte à 2001. Depuis, il le décline à l'infini. Et Noël, c'est l'occasion rêvée pour vous laisser tenter. Christophe Bertrand, artisan chocolatier chez Reine Astrid Chocolatier, maîtrise tout, de la fève à la tablette : "Le point de départ, c'est la fève de cacao qui doit subir une fermentation dans le pays producteur pour pouvoir développer ses arômes. Et cette fève de cacao, elle est fermentée dans le pays producteur, elle arrive chez moi. Et il va falloir la torréfier, qui va être le premier stade de la transformation."

La torréfaction consiste à chauffer les fèves pour développer leurs arômes. Puis, elles sont concassées, d'abord grossièrement, et broyées : "C'est dans une machine que la magie s'opère. On a du cacao, qui est une matière un peu dure, et d'un seul coup, avec le frottement de la pierre sur la pierre, ça va monter un petit peu en température, la matière grasse va se libérer, donc ça devient du chocolat."

Se régaler avec humour

À Savigny-sur-Orge, dans l'Essonne, cet atelier juste à côté, c'est un peu la caverne d'Ali Baba du chocolat. Nicolas Morin, artisan chocolatier, nous en dévoile l'un des secrets : "Il faut toujours veiller, que ce soit du chocolat noir, du chocolat au lait ou du chocolat blanc, à avoir à chaque fois l'exacte bonne température. Sinon, on a un chocolat qui risque de ne pas être brillant, qui risque d'être terne."

Sa passion : dompter la matière, la modeler, et créer des petits tableaux à croquer : "Le but, c'est de faire sourire aussi les gens en boutique, de leur donner envie d'acheter parce qu'ils ont trouvé ça joli ou rigolo. Donc on essaie aussi de jouer un peu sur l'humour, des fois de mettre en scène des petits personnages un peu humoristiques. C'est vraiment le côté artistique que les gens vont voir en premier, mais après, bien sûr, le côté gourmand dès qu'ils vont le manger." Dans le magasin, les clients succombent. Des consommateurs gourmands et curieux. "Mes chocolats viennent essentiellement du Cameroun. J'ai monté une petite coopérative avec une dame qui s'appelle Aristide. J'y vais deux à trois fois par an. C'est devenu quasiment une deuxième famille", répond le chocolatier à une cliente.

Les chocolats du Cameroun

La coopérative est à une heure de route de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Avec ces immenses tables de séchage. Ici, les producteurs font pousser les cacaoyers au milieu de la forêt. À l'origine du projet, Aristide Temchoa. C'est elle qui a contacté Christophe Bertrand il y a 10 ans. Depuis, elle lui fournit les fèves de cacao. Une fois transformé en chocolat, l'artisan le livre dans l'une de ses 5 boutiques en région parisienne : "C'est quand même un plaisir de travailler un chocolat qu'on sait que les fèves de cacao, elles sont bio, elles sont équitables. Ça fait toujours plaisir. On se casse la main, mais c'est un plaisir."

Entre les mains de Mathieu Zuppetti, chef pâtissier, les gros blocs vont se transformer en une bûche divine pour le palais. Pour Denis Choupi Cabrel, ce dessert est une découverte. Lauréat d'un concours de pâtisserie au Cameroun, il est accueilli ici en stage d'un mois : "Il y a beaucoup de fèves de cacao au Cameroun. Nous faisons partie des pays qui produisent beaucoup de cacao, oui. Mais travailler le chocolat, pas vraiment. Peut-être travailler les épices du pays aussi. Pourquoi pas ? Parce que nous avons aussi plusieurs épices au Cameroun. Donc je pense que ce sera possible." En attendant d'ouvrir sa propre boutique au Cameroun, le jeune homme se perfectionne chaque jour un peu plus dans le temple du chocolat.