Coupe du monde 2026 : Lionel Messi fantomatique en finale, sur une pelouse où il avait déjà mis à terme à sa carrière internationale

En 2016, après une finale de Copa America perdue au MetLife Stadium de New York, Lionel Messi avait annoncé sa retraite internationale.

Article rédigé par franceinfo: sport avec AFP
France Télévisions - Rédaction Sport
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Temps de lecture : 3min
Lionel Messi lors de la finale de la Coupe du monde, perdue face à l'Espagne, le 19 juillet 2026 à New York. (JOSE BRETON / NurPhoto)
Lionel Messi lors de la finale de la Coupe du monde, perdue face à l'Espagne, le 19 juillet 2026 à New York. (JOSE BRETON / NurPhoto)

Ce n'était pas la Coupe du monde de trop pour Lionel Messi, loin de là. Mais il aura manqué quelque chose à l'octuple Ballon d'Or pour aller chercher un deuxième sacre planétaire. Brillant jusque-là, Lionel Messi a traversé la finale de la Coupe du monde 2026 contre l'Espagne comme une ombre, inexistant et inoffensif, sur le gazon maudit du MetLife Stadium où il avait (brièvement) dit adieu à la sélection dix ans plus tôt.

Au moment où Ferran Torres a trouvé la faille et célébré comme un beau diable (106e, 1-0), le petit génie était seul près de la ligne médiane, la tête basse et son rêve envolé, au bout d'une rencontre dans laquelle il n'a jamais vraiment existé. Une bien triste fin pour le capitaine argentin, incapable cette fois d'amorcer la révolte, malgré une présence plus remarquée en prolongation. Le chef d'orchestre de l'Albiceleste a déroulé une magnifique partition durant toute la Coupe du monde, sa sixième personnelle, en empilant 8 buts et 4 passes décisives du haut de ses 39 ans.

Une influence réduite à néant

Mais le maestro argentin a terminé sur une fausse note, sa boîte à magie ayant été totalement ensevelie sous l'implacable rouleau compresseur espagnol. L'Argentine n'a tenté son premier tir qu'à la 120e, et Messi n'a touché le cuir qu'à 54 reprises, une goutte d'eau pour le maître à jouer. L'expulsion de son lieutenant Enzo Fernandez, juste avant la prolongation, n'a certes pas aidé. Cependant, rien n'a été fait auparavant pour laisser entrevoir un dernier éclair du génie.

L'octuple Ballon d'or a comme d'habitude laissé le pressing à son binôme d'attaque, Julian Alvarez, pour se concentrer sur ce qu'il fait le mieux : scanner le terrain à la recherche du petit espace laissé libre, pour s'y engouffrer et déclencher ses coups de rein ou coups de pied magiques. Seulement voilà, la Roja est réputée pour quadriller le terrain comme personne et sevrer les adversaires de bons ballons, comme les Bleus en ont fait l'amère expérience en demi-finale.

Dans le premier quart d'heure, il n'a touché le ballon qu'une fois: sur le coup d'envoi. Il a rejoint les vestiaires à la pause avec un compteur affichant quinze ballons touchés, aucun dans la surface. Cette influence réduite, voire inexistante, n'est pas une première dans ce Mondial nord-américain, où il a eu l'habitude dans les matchs couperets de se faire discret d'abord, puis de frapper fort à la fin.

En 2016, il avait déjà dit adieu au MetLife Stadium

"On n'a encore rien vu de Messi jusqu'à présent, mais nous savons tous, et l'Espagne le sait aussi, que s'il a cette occasion, il pourrait bien la saisir", a commenté l'ancien international anglais Alan Shearer sur BBC One, à un quart d'heure de la fin du temps réglementaire. Mais la suite des événements ne lui a pas donné raison. C'était un jour sans, pour Messi et les siens. Et peut-être un jour d'adieu.

A 39 ans, l'ancien joueur FC Barcelone pourrait tirer un trait sur son épatante carrière internationale (125 buts en 207 sélections) dans le Metlife stadium de la banlieue new-yorkaise, comme il l'avait fait déjà en 2016, avant de revenir sur sa décision peu après. Il avait fait cette annonce le 26 juin 2016, à seulement 29 ans et après une énième désillusion en sélection: une défaite contre le Chili en finale de la Copa America, après un tir au but raté.

"La sélection, c'est fini pour moi, c'est la quatrième finale que je perds, la troisième de suite", avait-il expliqué en référence aux défaites en finale du Mondial-2014 contre l'Allemagne (1-0), en prolongation, puis des Copa America 2015 et 2016. Tout le pays l'avait supplié de revenir, du président de l'époque Mauricio Macri à la légende Diego Maradona. Messi avait changé d'avis, 47 jours après son annonce surprise. Depuis, l'actuel joueur de l'Inter Miami a gagné deux titres en Copa America (2021 et 2024), une Finalissima contre le champion d'Europe (l'Italie en 2022) et une Coupe du monde (2022). Mais pas deux.

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