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Open d'Australie : fraîchement recruté comme entraîneur, que peut apporter Andy Murray à Novak Djokovic ?

L'Écossais, tout juste retraité, a été recruté par Novak Djokovic fin novembre afin de rejoindre son équipe. L'entrée en lice du Serbe à Melbourne, lundi, sera le premier match officiel de leur collaboration.

Article rédigé par Apolline Merle - envoyée spéciale à Melbourne (Australie)
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 5min
Le Serbe Novak Djokovic  et son entraîneur Andy Murray discutent lors d'une séance d'entraînement, à l'Open d'Australie, à Melbourne, le 11 janvier 2025. (WILLIAM WEST / AFP)
Le Serbe Novak Djokovic et son entraîneur Andy Murray discutent lors d'une séance d'entraînement, à l'Open d'Australie, à Melbourne, le 11 janvier 2025. (WILLIAM WEST / AFP)

Au fond de la Rod Laver Arena, cherchant un peu de fraîcheur à l'ombre, Andy Murray observe son ancien grand rival. Le regard attentif, il examine Novak Djokovic, son nouveau protégé, enchaîner les coups droits et les revers en fond de court. Quand il ne joue pas au ramasseur de balle en silence, le Britannique échange avec son joueur afin de lui apporter observations et conseils.

Recruté fin novembre, le triple vainqueur en Grand Chelem Andy Murray, tout juste retraité en tant que joueur (après les Jeux olympiques de Paris 2024) a rejoint l'équipe du Serbe Novak Djokovic. Mais, que peut-il apporter à celui qui a déjà tout gagné ? Le nouveau duo a déjà des objectifs élevés : soulever le titre à Melbourne, rien de moins. "La première chose que je vois dans cette association, analyse Arnaud Clément, ex-top 10 et consultant pour franceinfo: sport, c'est déjà le signal fort envoyé par Novak Djokovic, qui veut montrer à quel point il est motivé pour la saison qui arrive, pour décrocher un nouveau titre du Grand Chelem."

"Il ne s'est pas associé avec Murray pour se satisfaire d'un quart ou d'une demi-finale."

Arnaud Clément, ex-top 10 mondial

à franceinfo: sport

De retour dans son jardin, Novak Djokovic, qui a gagné à dix reprises à Melbourne, est à la recherche de son 25e Majeur, qui ferait de lui le seul recordman de titres du Grand Chelem, devant Margaret Smith Court. "Je voulais quelqu'un qui ait gagné plusieurs tournois du Grand Chelem, (...) qui comprend vraiment ce que signifie gagner un Grand Chelem, faire face à l'adversité, à la pression, aux attentes", a commenté Novak Djokovic en conférence de presse à Melbourne, vendredi 10 janvier, trois jours avant son premier tour face au jeune talent américain Nishesh Basavareddy (133e). "[Andy a] un QI tennis très élevé. Nous le savons tous. Il a accompli un travail incroyable, en particulier après son opération, sa hanche artificielle, en gagnant des tournois après cela, en jouant au niveau challenger, (...) en montrant à tout le monde ce que cela signifie d'être un champion dans le vrai sens du terme", a encore salué le Serbe, actuel 7e à l'ATP, qui le trouve "naturel" dans ce nouveau rôle.

À la recherche du microdétail

Au vu du palmarès du Serbe et de sa longue expérience, cette nouvelle association visera surtout "des microdétails du point de vue tactique", poursuit Arnaud Clément. Une analyse partagée par le Suédois Mats Wilander, septuple vainqueur de Grand Chelem. "Bien sûr, Novak connaît le plan tactique global qu'il va mettre en place contre tel ou tel joueur. Mais, là, on va être dans l'ultra-détail, de ceux qui font souvent basculer un match. Par exemple, comment Sinner sert-il à 15-30 ? Ou à 30-A ?, dissèque-t-il à nos confrères de L'Equipe. À l'entraînement, Murray va le faire travailler en ce sens. Djokovic va apprendre. Mieux, il va y croire."

"Murray connaît les réponses. Si c'était un génie tactique, c'est aussi pour ça. Ça ne signifie pas que Novak gagnera à coup sûr, mais il est sûr et certain qu'il aura plus d'informations avant d'entrer sur le court. C'est ce qui pourra l'aider à gagner un Grand Chelem de plus."

Mats Wilander, septuple vainqueur en Grand Chelem

à L'Equipe

Andy Murray lui apportera aussi "la vision qu'il a de son jeu et des petits détails sur lesquels il pense qu'il pourrait encore s'améliorer. Cette recherche permanente d'amélioration est absolument extraordinaire", estime Arnaud Clément. "Nous communiquons beaucoup sur tous les coups du jeu, mon jeu, la tactique, l'approche mentale, la communication sur le terrain pendant les matches, les séances d'entraînement", précisait encore Novak Djokovic en conférence de presse. "Andy pourra se permettre de lui dire : 'Pourquoi as-tu joué ce coup stupide lors de ce moment important ? Pourquoi frapper ce coup droit que tu n'as que 40% de chances de réussir ?' sans que Novak s'en offense. Andy possède une sensibilité aux détails que personne n'a. Il aura les oreilles de Novak parce que celui-ci respecte sa carrière. Il respectera ses mots à 100%", complète Mats Wilander.

A l'entame de cette collaboration, Novak Djokovic est déjà convaincu. "Je pense que son point de vue unique sur mon jeu est dû au fait qu'il joue contre moi depuis 25 ans. (...) Il connaît l'évolution de mon jeu, ses faiblesses et ses forces", confiait-il devant les médias à Melbourne avant le début du tournoi.

Rééquilibrer les forces

Si Novak Djokovic mise sur la recherche de détails pour élever toujours plus haut son niveau de jeu, c'est aussi pour combler une certaine perte d'endurance, légitime à 37 ans. "Djokovic est conscient, même si cela ne se voit pas forcément tout le temps, que physiquement, il est un petit peu moins fort, surtout dans la répétition des efforts, et qu'il ne peut pas jouer aujourd'hui le même nombre de tournois que par le passé", détaille Arnaud Clément. Malgré son expérience et son vécu, le Serbe n'a jamais caché sa volonté de s'améliorer et de se perfectionner, encore et encore. "Il sait ce qu'il perd et pour compenser, il cherche justement à gagner dans d'autres secteurs", souligne l'ancien top 10 mondial.

Tout juste retraité, Andy Murray peut aussi compter sur sa très bonne connaissance du circuit et des styles de jeu des joueurs actuels comme ceux du top 3, actuellement composé de Jannik Sinner, Alexander Zverev et de Carlos Alcaraz. "Mieux que n'importe qui dans le monde, il connaît les problèmes que Novak rencontre contre eux", appuie Mats Wilander dans les colonnes de L'Equipe.

L'Open d'Australie sera donc le premier vrai test pour ce duo aux 27 Grands Chelems, avant de se projeter sur la suite. "J'ai pensé que ce serait une bonne idée de passer un peu de temps en Australie pendant l'intersaison pour voir comment cela se passe pour nous deux, car c'est un peu différent. Ce n'est pas le genre de configuration habituelle, a déclaré Andy Murray au Guardian. Il était donc logique de faire un essai et de voir si cela fonctionne. Et puis, nous avons dit que nous prendrions une décision plus définitive après le tournoi." 

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