Gaîté lyrique : la préfecture de police de Paris ordonne l'évacuation d'ici mardi de la salle de spectacle, occupée depuis trois mois par plus de 400 migrants
Un appel à la mobilisation mardi matin, à 5 heures, a été diffusé sur les réseaux sociaux par le Collectif des jeunes du parc de Belleville contre l'expulsion de ces jeunes.
Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a pris un arrêté lundi 17 mars, publié en ligne (PDF), pour ordonner l'évacuation avant mardi de la Gaîté lyrique, une salle de spectacle parisienne occupée depuis trois mois par plus de 400 jeunes migrants. Ce texte ordonne aux "occupants sans droit ni titre de la Gaîté lyrique de quitter les lieux avant mardi", selon le texte affiché sur la porte de la salle, ajoutant qu'il serait "procédé à l'évacuation des occupants par les services de police" s'ils décidaient de rester dans l'enceinte du lieu culturel. Un appel à la mobilisation mardi matin, à 5 heures, a été diffusé sur les réseaux sociaux par le Collectif des jeunes du parc de Belleville contre l'expulsion de ces jeunes.
"Nous nous retrouvons coincés entre la menace d'être expulsés par la police, le harcèlement quotidien de journalistes d'extrême droite et l'incertitude de où nous allons dormir ce soir. Nous serons près de 500 jeunes à être remis à la rue cette nuit. La honte !", s'est insurgé le collectif sur ses réseaux, alors qu'une première mobilisation a eu lieu lundi soir. Il considère que, dans cette affaire, la mairie de Paris "est complice" de cette "expulsion sans solution" de la part, selon ses termes, d'un "Etat raciste".
La mairie de Paris et l'Etat se renvoient la balle
Le 10 décembre, environ 200 migrants mineurs ont investi les locaux de la Gaîté lyrique, située dans le 3e arrondissement de Paris. Les jeunes exilés demandaient à être hébergés et que leur minorité soit reconnue. Le 17 décembre, la Gaîté lyrique avait annoncé fermer ses portes au public "jusqu'à nouvel ordre", estimant que "la situation ne permet[tait] plus d'accueillir le public dans les meilleures conditions". Depuis le début de l'occupation du lieu culturel, la mairie et l'Etat se renvoient la balle.
Saisi par la Ville de Paris, propriétaire du théâtre, le juge des référés du tribunal administratif avait ordonné le 13 février l'évacuation de la salle de spectacle parisienne dans un délai d'un mois. Près de deux semaines plus tard, les employés de l'établissement avaient exercé leur droit de retrait. "Nous sommes dans une situation qui constitue un danger grave et imminent", avaient déploré les représentants des salariés, qui souhaitaient "réintégrer leur lieu de travail au plus vite". La direction avait déclaré dans un communiqué qu'elle cessait la gestion du lieu, arguant ne plus être en mesure d'assurer "la sécurité et le gardiennage" du site. La Ville de Paris avait alors pris le relais, tout en appelant l'Etat "à agir" pour reloger les jeunes.
Lancez la conversation
Connectez-vous à votre compte franceinfo pour commenter.