"Derrière" au théâtre de l’Atelier : Nicolas Chaigneau et Claire Laureau époustouflants d’inventivité

Article rédigé par Mohamed Berkani
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 1min
Nicolas Chaigneau et Claire Laureau dans "Derrière" au théâtre de l'Atelier à Paris. (Loïc Seron)
Nicolas Chaigneau et Claire Laureau dans "Derrière" au théâtre de l'Atelier à Paris. (Loïc Seron)

Les auteurs-comédiens signent une pièce drôle, absurde et d’une grande finesse. Un OTNI, objet théâtral non identifié. Irrésistible.

Pendant que les spectateurs s’installent, les comédiens Nicolas Chaigneau et Claire Laureau s’échauffent et font des étirements. Sur le grand plateau du théâtre de l’Atelier, deux chaises et un bureau. L’heure des répétitions arrive :  Nicolas Chaigneau veut présenter un solo de danse et demande à Claire Laureau de lancer la musique à l’instant T. Cette dernière, qui maîtrise très mal l’ordinateur, lance le morceau ou trop tôt ou trop tard. Plus le danseur s’exaspère, plus l’apprentie DJ se démotive.

Pendant une dizaine de minutes, les échecs s’enchaînent. Surgissent les voix enregistrées des comédiens. L’effet est saisissant. Les comédiens jouent bouche fermée sans émettre un son, en playback total durant tout le spectacle. Les dialogues enregistrés créent parfois des décalages cocasses sur scène. Passé l’effet surprise, le public adhère très vite à ce spectacle qui développe des trésors d’inventivité. "Nos voix enregistrées deviennent une musique dans laquelle nous voyageons, essayant toujours d’être au plus près, au plus juste, cherchant même à faire oublier au public que nous ne parlons pas", expliquent les auteurs et comédiens.

Trésors d’inventivité

Derrière dynamite les codes du théâtre. Comment résumer l’œuvre ? Deux jeunes artistes tentent de monter un spectacle mais rien ne se déroule comme prévu. Tout va de travers, jamais dans le bon tempo, les accidents se succèdent aux échecs, à la grande joie du public. Les auteurs poussent très loin l’absurde, rendant ce moment exceptionnel. La magie opère, comme lorsque les comédiens invitent sur scène un spectateur, Sacha, pour qu’il départage qui des deux est meilleur interprète. Très difficile de deviner l’avis de Sacha puisqu’il n’existe pas : c’est l’invité imaginaire du jour.

Nicolas Chaigneau et Claire Laureau dans "Derrière" au théâtre de l'Atelier à Paris. (Loïc Seron)
Nicolas Chaigneau et Claire Laureau dans "Derrière" au théâtre de l'Atelier à Paris. (Loïc Seron)

Autre atout de ce duo surdoué : l’interaction avec le public. On a l’impression que la pièce s’écrit au fur et à mesure. Les auteurs n’hésitent pas à s’aventurer dans des contrées lointaines de la comédie et de la création en multipliant les scènes rocambolesques : numéro de clown, scène de meurtre, enchaînement de problèmes techniques, danse endiablée… Tout va vite, très vite. Les idées fusent dans tous les sens.

Le public est invité à participer à cette débauche d’imagination pendant et après le spectacle. Derrière, un OTNI, objet théâtrale non identifié, qui fait du bien.

(Derrière, conçu et interprété par Nicolas Chaigneau et Claire Laureau, au théâtre de l’Atelier, jusqu’au 12 novembre)

Affiche de "Derrière'" au théâtre de l'Atelier (DR)
Affiche de "Derrière'" au théâtre de l'Atelier (DR)

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