Les plateformes de streaming dont Netflix et Prime Video ont versé 397 millions d'euros pour la création française en 2024

Pour l'exercice 2025, une nouvelle plateforme, Paramount+, sera soumise à l'obligation de financement.

Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2min
Illustration de différentes plateformes de streaming. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)
Illustration de différentes plateformes de streaming. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Les plateformes Netflix, Disney+, Prime Video, Apple TV et Crunchyroll (animation japonaise) ont contribué pour 397 millions d'euros à la production audiovisuelle et cinématographique française en 2024, selon un bilan dévoilé vendredi 7 novembre par l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel.

Depuis l'entrée en vigueur d'un décret en ce sens en juillet 2021, transposant une directive européenne, les plus importants services étrangers de vidéo sur abonnement sont soumis aux mêmes règles de contribution au financement de la création française que les groupes de télévision traditionnels (TF1, France Télévisions, Canal+, etc.) établis dans l'Hexagone. Concrètement, ils doivent consacrer 20% de leur chiffre d'affaires en France au financement de la production d'œuvres audiovisuelles (séries, fictions, spectacle vivant, théâtre, etc.) et cinématographiques.

"Les acteurs jouent le jeu" malgré des "débats"

En 2024, les 397 millions d'euros de dépenses calculées par l'Arcom se partagent entre 317 millions pour la production audiovisuelle et 80 millions pour la production cinématographique. L'année précédente, où les seules plateformes américaines Prime Video, Disney+ et Netflix étaient assujetties à l'obligation de financement, le montant de leurs dépenses retenues par l'Arcom s'était élevé à 337 millions d'euros. La part versée par chacune des plateformes n'est pas publiée en raison du secret des affaires, mais Netflix est resté le plus gros contributeur.

Comme les années précédentes, "les acteurs jouent le jeu" et respectent leurs obligations, malgré des "débats" et des "tensions", a souligné le président de l'Arcom, Martin Ajdari, lors des rencontres cinématographiques de l'ARP au Touquet (Pas-de-Calais). Les plateformes participent à hauteur de près de 25% au financement obligatoire de la production audiovisuelle et cinématographique, contre 75% pour les chaînes de télévision traditionnelles. Au total, ce financement a atteint 1,61 milliard d'euros en 2024, dont quelque 90% vont à des œuvres d'expression originale française.

"Un ralentissement de la croissance" à prévoir en 2026

"Les perspectives pour 2025 seraient plutôt favorables" mais pour 2026, il est à prévoir "peut-être un ralentissement de la croissance" des géants du streaming, a relevé devant des journalistes Antoine Boilley, membre du collège de l'Arcom chargé du sujet. En outre, un "repli du marché publicitaire" et "une diminution de la subvention au service public" de l'audiovisuel sont attendus, ce qui devrait également affecter ce soutien à la création. Pour l'exercice 2025, une nouvelle plateforme, Paramount+, sera soumise à l'obligation de financement, avant sans doute Max, lancée en France en 2024.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème