Boualem Sansal élu à l'Académie française : "Une élection formidable", salue l'académicien Jean-Christophe Rufin

L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu ce jeudi à l'Académie française avec 25 voix sur 26 votants. "C'est rare qu'il y ait une telle unanimité", a souligné sur franceinfo Jean-Christophe Rufin.

Article rédigé par franceinfo
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L'auteur Jean-Christophe Rufin, en février 2024, à Bourges. (PIERRICK DELOBELLE / MAXPPP)
L'auteur Jean-Christophe Rufin, en février 2024, à Bourges. (PIERRICK DELOBELLE / MAXPPP)

"C'est une élection formidable", a réagi jeudi sur franceinfo l'écrivain Jean-Christophe Rufin, après l'élection de Boualem Sansal à l'Académie française avec 25 voix sur 26 votants. "C'est une très belle élection, c'est rare qu'il y ait une telle unanimité", souligne le diplomate, membre lui-même de l’Académie française.

Jean-Christophe Rufin rappelle qu'il a "soutenu" l'écrivain franco-algérien pendant son incarcération en Algérie. "Je l'ai soutenu et j'ai fait partie de ceux qui avaient proposé que nous l'élisions pendant qu'il était incarcéré." Il évoque "un très vif débat au moins de novembre" au sein de l'Académie, "certains pensant que cela aurait pu manifester son appartenance à la France et à l'univers francophone", quand d'autres académiciens "considéraient au contraire qu'il valait mieux rester prudent".

Jeudi, pour l'élection, les Immortels ont donc "immédiatement tenu compte des débats d'avant". Boualem Sansal "mérite très largement de figurer dans notre compagnie", estime Jean-Christophe Rufin. "C'est un très grand écrivain qui était de toute manière 'dans les tuyaux'". Il figurait "parmi les futurs candidats".

"Une parole très libre et très engagée"

Vis-à-vis de l'Algérie, l'élection de Boualem Sansal à l'Académie française envoie, selon Jean-Christophe Rufin, "un message de fermeté", parce qu'il s'est "toujours montré très critique et très libre par rapport au pouvoir algérien, et aussi à l'égard des terroristes islamistes". "C'est quelqu'un qui a une parole très libre et très engagée." Mais le diplomate y voit également "un message de fraternité, parce que il y a cette langue française qui nous réunit malgré tout".

L'écrivain franco-algérien a choisi le français "comme la langue d'expression pour ses romans", rappelle Jean-Christophe Rufin. "C'est quelqu'un qui s'est battu pour ça et qui en a payé le prix d'une certaine manière."

"Je pense qu'il y a chez beaucoup d'Algériens une forme de fierté de voir que l'un des leurs est un grand écrivain, et pas seulement en France", ajoute Jean-Christophe Rufin. Boualem Sansal est "reconnu dans le monde entier". "Il a eu des prix dans de très nombreux pays, il est traduit dans le monde entier et je pense que c'est un motif de fierté pour l'Algérie."

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