Selon la répression des fraudes, 60% des jouets vendus en ligne sur des marketplaces sont dangereux

La DGCCRF a mené son enquête annuelle auprès de 2 000 professionnels et cinq plateformes d’e-commerce avant de constater qu'une majorité de produits présente des risques.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Six jouets sur dix vendus sur ces plateformes sont dangereux selon la DGCCRF. (SOPHIE AUVIGNE / FRANCEINFO / RADIOFRANCE)
Six jouets sur dix vendus sur ces plateformes sont dangereux selon la DGCCRF. (SOPHIE AUVIGNE / FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Alors qu'en 2024, la répression des fraudes a analysé 70 références de jouets vendus en ligne sur des marketplaces, 60% se sont révélés dangereux et non conformes, annonce vendredi 19 décembre le ministère des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat et du Pouvoir d'achat. Le ministère s'appuie sur l'édition 2025 de l'enquête annuelle de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes).

Le ministère affirme que "sur 70 références, 30% se sont révélées non conformes et plus de 60% non conformes et dangereuses". Les non-conformités renvoient à des "étiquetages ou des notices incomplètes". "Le ciblage a prioritairement porté sur des produits à bas prix et originaires d’Asie, tenant compte des taux de non-conformité élevés ressortant des enquêtes précédentes sur ces produits", précise le ministère.

"Risques d'étouffement ou d’étranglement"

La notion de dangerosité vient des "risques d'étouffement ou d’étranglement dus à la présence de petits éléments détachables ou de cordelettes pour les déguisements et les peluches", de "la présence de substances allergisantes en quantités supérieures aux limites autorisées dans les peintures au doigt" ou encore d'"une trop grande facilité d’accès aux piles dans les jouets, engendrant un risque d’ingestion par l’enfant", précise le ministère.

Au-delà de ce ciblage, la répression des fraudes a réalisé des prélèvements en 2024 auprès de 2 000 professionnels (magasins physiques et sites internet) et cinq plateformes d’e-commerce. Dans ses laboratoires, la DGCCRF a analysé déguisements, peluches, peintures au doigt, pâtes à modeler, jeux à piles. Alors que les acteurs "traditionnels", les "grands opérateurs du secteur" sont "très largement respectueux des normes et s'organisent pour assurer les contrôles des produits qu'ils mettent en vente", selon le ministère, ce dernier souligne qu'il y a une "nette prédominance des risques de produits dangereux chez les marketplaces des sites d’e-commerce". En 2024, celles-ci représentaient plus de 20% du chiffre d'affaires de la distribution des jouets et comptaient 7 à 22 millions de visiteurs mensuels uniques.

Des "manquements sur les obligations de contrôle"

Dans son enquête, la DGCCRF note encore qu'elle a observé des "manquements sur les obligations de contrôle et de traçabilité surtout chez les acteurs non spécialisés (aires d'autoroute, établissements de restauration rapide, magasins de souvenirs, déstockeurs, marchés forains, marchés de Noël)".

"Encore une fois, cette étude montre que pour les plateformes d’e-commerce et leurs marketplaces, la non-conformité, l’absence de contrôle et la vente de produits dangereux ne sont pas l’exception : c’est leur business model", réagit dans ce communiqué Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat. Il appelle à "un éveil des consciences" et à "une meilleure régulation" pour "savoir la réalité derrière ces productions qui arrivent massivement sur notre sol et qui sont destinées à nos enfants".

Le ministère ajoute que "pour faire cesser la diffusion des produits dangereux sur le point d'être commercialisés, plus de 185 000 jouets dangereux ont été détruits". Il cite par exemple le cas de ces baguettes magiques "présentant un accès trop aisé aux piles", ces "balles lumineuses dont les LED présentaient des risques de lésion pour la rétine" ou encore "un kit de scoubidous comportant des phtalates [perturbateurs endocriniens] au-delà du seuil légal".

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