Grève chez Ubisoft : "On a très peur qu'à terme, tout ça finisse comme ça s'est fini chez France Télécom", exprime un syndicaliste

Les salariés sont en grève jusqu'à jeudi pour dénoncer un plan massif de restructuration. "On a des accidents de travail qui se multiplient", s'inquiète Vincent Cambedouzou, délégué syndical du STJV.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Les locaux d'Ubisoft à Montpellier. (OLIVIER BENIS / RADIO FRANCE)
Les locaux d'Ubisoft à Montpellier. (OLIVIER BENIS / RADIO FRANCE)

"On a très peur qu'à terme, tout ça finisse comme ça s'est fini chez France Télécom", alerte mardi 10 février, au micro de France Inter, Vincent Cambedouzou, délégué syndical du STJV (Syndicat des travailleurs du jeu vidéo) chez Ubisoft Paris. Les salariés du géant du jeu vidéo français sont appelés à faire grève pendant trois jours, à partir de mardi et jusqu'à ce jeudi. Des piquets de grève sont prévus à partir de 14 heures au siège parisien d'Ubisoft, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), et en fin de matinée devant les studios de l'éditeur à Montpellier, Lyon, Annecy et Bordeaux.

Ce plan de restructuration annoncé le 21 janvier dernier, prévoit 1 milliard d'euros de pertes, un plan d'économies de 300 millions d'euros, et l'annulation de six jeux, dont le remake très attendu de Prince of Persia - Les Sables du Temps. La direction veut également mettre fin au télétravail, avec un retour en présentiel cinq jours par semaine, malgré un compromis trouvé l'année dernière sur le sujet.

"On a des accidents de travail qui se multiplient en ce moment", affirme Vincent Cambedouzou. "Depuis l'annonce [de ce plan de restructuration] on a été contraints, avec les élus [syndicaux], de déclencher plusieurs alertes pour danger grave et imminent", explique le délégué syndical qui trouve que la situation rappelle la vague de suicides chez France Télécom, de 2007 à 2010, lors de deux plans de restructuration prévoyant le départ de 22 000 employés et la mobilité de 10 000 autres (sur 120 000 employés).

Inquiétude et colère

"Avec cette nouvelle annonce, [les salariés] ont l'impression que c'est le retour en enfer. Les gens ont été bouleversés, ont été sidérés. On a déjà fermé des studios, licencié des gens un peu partout dans le monde", poursuit Vincent Cambedouzou. "Énormément de gens craignent pour leurs conditions d'existence, se demande s'ils vont pouvoir continuer à bosser dans le jeu vidéo et dans le même temps, on sent beaucoup de colère", décrit-il, et ce "en France ou à l'étranger, en Italie, en Espagne, en Scandinavie, même en Amérique du Nord. Les gens là commencent à vraiment être poussés à bout par ce qu'il s'est passé et par ce qui semble être la goutte d'eau de trop pour passer à un stade supérieur de colère et de mobilisation", prévient encore Vincent Cambedouzou.

Dans un communiqué que France Inter a pu consulter, la direction d'Ubisoft explique que la "transformation annoncée par Ubisoft le 21 janvier vise à ouvrir un nouveau chapitre pour le groupe" et être "conscients que ces évolutions, notamment en matière d’organisation du travail, suscitent des réactions fortes". Le géant du jeu vidéo français insiste aussi sur les "temps d’échange [...] organisés à différents niveaux pour permettre aux équipes de mieux comprendre la nouvelle organisation et d’exprimer leurs questions et préoccupations". Ubisoft indique aussi être "engagé dans un dialogue ouvert et constructif avec les employés et les représentants du personnel afin d’accompagner cette transformation et de construire un cadre de travail stable et lisible pour tous".

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