Avec "Evil Dead Burn", Sébastien Vanicek reprend le flambeau de Sam Raimi dans un nouveau volet malicieux et gore à souhait
Le réalisateur de "Vermines", son premier long-métrage, réalise et co-scénarise avec Florent Bernard le sixième opus de la saga quarantenaire.
En salles mercredi 8 juillet, Evil Dead Burn fait son retour, par le réalisateur Sébastien Vanicek. Dernière pierre portée à un édifice érigé dès 1981. Cette année-là, un tout jeune Sam Raimi et son tout aussi jeune producteur Robert Tapert réalisent un film aussi kitsch qu'horrifique, à mi-chemin entre la série Z et le renouveau du slasher : Evil Dead, qui a été suivi par deux autres volets (1987 et 1992) et une série, Ash vs. Evil Dead (2015-2018). L'intrigue tourne autour d'un livre, le Necronomicon Ex-Mortis, Le Livre des Morts, issu de la cryptique littérature de H.P. Lovecraft. Dans les grandes lignes, voici ce qu'il faut savoir de cette saga de maintenant six films, devenue incontournable de l'horreur et du gore : le Necronomicon Ex-Mortis est plus ou moins bien caché (la plupart du temps dans une cabane isolée dans les bois), il est retrouvé, les démons sont invoqués via une lecture à voix haute du livre (souvent par mégarde) et s'ensuit alors une succession de scènes aussi trash que jubilatoires entre humains et démons, impitoyables.
Depuis cette saga originelle, Sam Raimi a quitté la caméra pour rejoindre Robert Tapert à la production exécutive des suites : Evil Dead de Fede Alvarez, 2013 et Evil Dead Rise de Lee Cronin en 2023. Les deux fondateurs veillent au grain sur leur bébé, et cette fois-ci, c'est à un Français qu'ils ont décidé de laisser les rênes : Sébastien Vanicek, derrière notamment l'un des films d'horreur français les plus ambitieux de ces dernières années, Vermines (2023). Chaperonné par les deux Américains, il réalise donc Evil Dead Burn. Pour ce saut dans le – très – grand bain, Sébastien Vanicek s'est entouré de son coscénariste de Vermines, l'auteur et réalisateur Florent Bernard (Nous les Leroy, podcast Le Floodcast) et d'une actrice principale phénoménale : Souheila Yacoub (En corps, 2022, Les Femmes au balcon, 2024, Dune : Deuxième partie, 2024).
Nouvel opus, nouvelle histoire. Depuis la reprise de la saga en 2013 par Fede Alvarez, les films sont indépendants les uns des autres, gardant comme fil conducteur ce fameux Necronomicon et ses ravages. Ici, nous rencontrons donc Alice (Souheila Yacoub), une jeune Française mariée à un Américain sanguin et colérique, Will.
Un soir, il meurt dans un accident de voiture. Plus qu'à contrecœur, Alice rejoint la famille de son mari décédé dans leur vieille demeure familiale décrépie le temps des obsèques. Particulièrement dysfonctionnelle, cette famille va rapidement être exposée aux démons invoqués par le Livre des morts, qui semblent s'en prendre à eux pour une raison particulière.
De là, découle une succession de scènes particulièrement gores et imaginatives, derrière lesquelles on imagine une réelle jubilation de son réalisateur. D'aveux de Sébastien Vanicek et du producteur Robert Tapert eux-mêmes, le tournage d'Evil Dead Burn s'est avéré particulièrement compliqué, "hyper dur" pour être précis, selon le réalisateur.
À défaut de ressentir cette difficulté à l'écran, on devine une très grande ambition pour ce film. Sa cinématographie est de très loin la plus léchée de la saga. S'il référence les premiers volets par de longs plans volant au-dessus de la forêt ou à travers les feuillages et des travellings embarqués comme si la caméra se ruait sur ses personnages, Sébastien Vanicek impose sa patte : un silence et une tension, une caméra se faufilant dans des petits espaces, des compositions de plans qui esthétisent le réel. Bref, pour ce qui aurait pu être un énième blockbuster assez fade, il n'en est rien.
"Final Girl" terre à terre
Evil Dead Burn pousse très loin le curseur de la violence – tout le monde en prend largement pour son grade. Il parvient à maintenir la mélodie d'humour noir pour rendre le tout supportable et absurde. "On a voulu réaliser un bon film à pop-corn, mais qui raconte quand même des choses", raconte le coscénariste Florent Bernard, qui signe ici son "énième scénario sur une famille dysfonctionnelle – mais bon, celle-là, elle ne va vraiment pas bien", ironise-t-il.
C'est à travers le personnage de Souheila Yacoub – assez hypnotisante dans ce rôle qui mobilise tout son corps de manière très brutale – que sont racontées "ces choses". Traumatisée – et ce, bien avant que l'horreur ne démarre –, Alice trouve une force inespérée dans l'espoir de s'extirper de cette famille toxique, en adoration du souvenir de son ex-mari et de tout ce qui en découle. "Souheila nous a tout de suite dit qu'elle ne voulait pas d'une final girl classique – celles qui tuent le monstre tout en étant transpirantes et sexy, même pleines de sang", racontent le réalisateur et son scénariste. Alice a quelque chose de profondément humain et aimable : elle est crédible jusqu'au bout.
Si on omet des incohérences et facilités scénaristiques, ainsi que des portes ouvertes, mais jamais refermées par l'histoire, Evil Dead Burn réanime sauvagement la saga dans un bain de sang et de boue grandement maîtrisé.
La fiche
Genre : Epouvante-horreur, Interdit -16 ans avec avertissement
Réalisation : Sébastien Vanicek
Avec : Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Luciane Buchanan
Pays : Etats-Unis
Durée : 1h51
Sortie : 8 juillet 2026
Distributeur : Metropolitan FilmsExport
Synopsis : Après l'enterrement de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de sa belle-famille pour partager un dernier repas à sa mémoire. Mais la réunion familiale bascule dans l'horreur lorsque ses proches se transforment, l'un après l'autre, en créatures démoniaques. Confrontée à cet enfer, Alice découvre que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?
-
"Digger" : Tom Cruise en milliardaire givré dans une farce catastrophe brillante signée Alejandro González Iñárritu
-
audioLa boulimie de Sylvester Stallone, quand les TCA concernent aussi les hommes
-
"Le Monde à l'endroit" : le protocole de la psychiatre Muriel Salmona, pour "réparer" les victimes de violences sexuelles dans leur enfance, se dévoile devant la caméra de Sylvie Meyer
-
Mort du comédien Bernard Verley, quelques jours avant la sortie de son dernier film
-
Le réalisateur Pedro Almodovar visite le campement pour le droit au logement à Madrid en Espagne
Shorts
-
Céline Dion fait une apparition surprise au défilé L'Oréal pour l'ouverture de la Fashion Week
-
Alban Ivanov : "J'ai toujours manqué de mots"
-
Joey Tempest raconte la naissance de The Final Countdown
-
Polémique autour du livre de Thélyson Orélien : peut-on vraiment détecter un texte écrit par une IA ?
-
Un rempart gallois de plus de 2 000 ans découvert à Paris
-
Comment marche la distribution des films étrangers en France ?
-
Alec, 12 ans, va nous représenter à l'Eurovision Junior 2026
-
La sortie du jeu vidéo GTA VI va-t-elle perturber la reprise de la NBA ?
-
"Pangram, va te faire foutre" : pour l'autrice Virginie Despentes, "Thélyson Orélien n'a pas à se justifier"
-
Un best-seller écrit par l'IA ?
-
Tout le monde veut des cartes Wikimasters
-
Un potentiel Goncourt écrit par une IA ?
-
Léon XIV croit en l'IA, mais pas les yeux fermés
-
Ils vont chanter avec Monroe pour le pape
-
Fille d'un malade d'Alzheimer, cette romancière témoigne
-
Amanda Lear accuse la star américaine Miley Cyrus d'avoir plagié l'un de ses titres
-
Miley Cyrus a copié une artiste française ?
-
Gaza : Ed Sheeran reconnaît des "erreurs" après la polémique avec Macklemore
-
Budget culture 2027 : "On peut différer certains investissements" estime Catherine Pégard
-
Les objets de Brigitte Bardot vendus aux enchères
-
Après en avoir rêvé des année, George Lucas ouvre enfin son musée !
-
Le Pass Patrimoine pour visiter plus de 500 sites culturels
-
Rihanna s'ambiance au concert de Céline Dion
-
Pokémon fête ses 30 ans : les chiffres les plus fous de la licence
-
Macklemore évincé de la tournée d'Ed Sheeran : on vous explique la polémique
-
L'inoubliable chanteuse des Rita Mitsouko
-
La chanteuse Catherine Ringer est morte à l'âge de 68 ans
-
Les réalisateurs israéliens de "Naza" pourraient être déchus de leur nationalité
-
Le retour triomphal de Céline Dion
-
Rachida Brakni : "Le cinéma est d'une violence inouïe pour les femmes !"
Commentaires
Connectez-vous ou créez votre espace franceinfo pour commenter.