Mort de Marina Vlady : six films emblématiques de sa très riche carrière

En près de soixante-dix ans, l'actrice d'origine russe a mené un long parcours à cheval entre la France et l'Italie.

Article rédigé par Annie Yanbekian
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 3min
Robert Hossein et Marina Vlady jouent dans le film "Toi, le venin" (1959), dont Hossein était aussi le scénariste et le réalisateur (NANA PRODUCTIONS / SIPA)
Robert Hossein et Marina Vlady jouent dans le film "Toi, le venin" (1959), dont Hossein était aussi le scénariste et le réalisateur (NANA PRODUCTIONS / SIPA)

Marina Vlady s'est éteinte jeudi 24 septembre à l'âge de 88 ans, a annoncé en début de soirée sa famille à l'AFP, saluant "une longue et belle vie bien remplie". Une vie marquée en effet par une carrière dense et longue entre cinéma, théâtre et télévision, courant entre la fin des années 1940 et la fin des années 2010. Côté 7e art, l'actrice née à Clichy de parents émigrés russes le 10 mai 1938 a tourné dans plusieurs dizaines de films, partageant sa carrière entre France et Italie et recevant notamment un Prix d'interprétation féminine à Cannes en 1963. En voici une sélection parmi les plus importants.

"Toi, le venin" (1959)

Toi, le venin est le troisième des quatre films que Marina Vlady a tournés sous la direction de Robert Hossein qu'elle avait épousé en 1955, et dont elle se séparera en 1959, année de la sortie de cette production franco-italienne. Dans ce thriller troublant et dramatique, Hossein met en scène son épouse ainsi qu'Odile Versois, la propre sœur de Marina Vlady, et joue avec intelligence de leur ressemblance physique. Il interprète lui-même l'un des trois personnages principaux du film, confronté à ce tandem mystérieux et inquiétant à la suite d'une rencontre brûlante avec l'une d'elles.

"La Princesse de Clèves" (1961)

Réalisée par Jean Delannoy, cette production franco-italienne, adaptation du roman éponyme de Madame de La Fayette, réunit à l'écran Marina Vlady dans le rôle-titre et l'acteur star Jean Marais sur un scénario coécrit par Delannoy et Jean Cocteau. Marais, qui se considérait trop âgé pour incarner le duc de Nemours (il approchait les 47 ans au moment du tournage), laissa le rôle à Jean-François Poron et brilla dans celui du prince de Clèves. Tourné en couleurs pendant les années d'apogée de la Nouvelle Vague, le film jugé académique a été esquinté par la majorité de la critique parisienne, déplorait l'actrice dans ses mémoires. Marina Vlady a souffert pendant le tournage, étouffant littéralement dans les corsets de ses tenues d'époque. Mais pour son interprétation, elle a reçu en Belgique, le Prix Femina de la meilleure actrice, une récompense cinématographique (qui n'existe plus) décernée par un jury féminin.

"Le Lit conjugal" (1963)

Réalisé par Marco Ferreri, ce film franco-italien tourné de l'autre côté des Alpes met en scène Marina Vlady, alors âgée de 25 ans, et Ugo Tognazzi, de seize ans son aîné, dans les affres d'une vie conjugale… où la personne la plus en souffrance n'est pas celle que l'on croit. Satire cruelle, Le Lit conjugal dépeint un homme écrasé par les exigences sexuelles de sa jeune épouse en quête intransigeante de maternité. Censuré à sa sortie en Italie pour "obscénité", raccourci, ressorti six mois plus tard, le film a figuré dans la sélection du festival de Cannes 1963. Pour son personnage de mante religieuse qui a nourri la réputation de misogynie de Ferreri, Marina Vlady a obtenu le prix d'interprétation féminine.

"Deux ou trois choses que je sais d’elle" (1967)

Dans ce film réalisé par Jean-Luc Godard, Marina Vlady apparaît dès les premiers plans dans une présentation en voix off de son personnage de Juliette Jeanson à Paris. On y suit 24 heures de la vie d’une femme au foyer de la classe moyenne qui se prostitue occasionnellement pour s’offrir des biens qu’elle ne pourrait autrement se permettre. À travers ce portrait porté par Marina Vlady, le réalisateur phare de la Nouvelle Vague pointe l’hypocrisie et la cruauté du capitalisme et les dérives de la société de consommation galopante…

"Que la fête commence…" (1975)

Réalisé par Bertrand Tavernier, ce film historique nous replonge dans la Régence, la période qui suivit la mort de Louis XIV alors que son successeur, son arrière-petit-fils le futur Louis XV, était trop jeune pour régner. Dans cette fresque couronnée en son temps par quatre César (dont deux pour Tavernier), Marina Vlady donne la réplique à Philippe Noiret, Jean Rochefort (César du Meilleur acteur dans un second rôle) et Jean-Pierre Marielle.

"Splendor" (1989)

Dirigée par Ettore Scola dans une production franco-italienne présentée en sélection officielle à Cannes, Marina Vlady partage l'affiche notamment avec Marcelo Mastroianni autour d'une bataille pour sauver un cinéma en péril, le Splendor. Un film dont l'esprit rappelle celui de Cinema Paradiso…

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