Reportage "Elles ont toujours suscité beaucoup de fascination" : les mystères des momies dévoilés au musée de l'Homme à Paris

De l'Égypte à l'Amérique du Sud en passant par Strasbourg, des momies de tous les continents se dévoilent dans une exposition au musée de l'Homme, à partir de mercredi.

Article rédigé par Solenne Le Hen
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Un sarcophage présenté durant l'exposition Momies au musée de l'Homme à Paris, le 18 novembre 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP)
Un sarcophage présenté durant l'exposition Momies au musée de l'Homme à Paris, le 18 novembre 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Le sujet fascine autant qu'il effraie. Le musée de l'Homme à Paris espère attirer plus de 150 000 visiteurs pour sa nouvelle exposition intitulée Momies, qui ouvre mercredi 19 septembre jusqu'à fin mai. Elle raconte les dernières découvertes archéologiques, et montre comment les scientifiques découvrent progressivement les différentes techniques utilisées dans le monde pour préserver les corps.

Une exposition sur les momies ne pouvait se faire sans parler de l'Égypte. Une momie égyptienne et son somptueux sarcophage sont donc présentés. "La culture égyptienne ancienne est celle qui a le plus momifié et surtout le plus de personnes différentes, et pas seulement, il y a eu aussi des animaux, détaille Nala Aloudat, responsable des expositions au musée de l'Homme. Ça a donné énormément aussi de vestiges et qui ont toujours suscité beaucoup de fascination... On ne pouvait pas le faire sans l'Égypte."

Une exploration mondiale

Mais il n'y a pas que l'Égypte, et c'est le message de cette exposition. Des momies ont été retrouvées partout dans le monde et à toutes les périodes de l'histoire. "La définition d'une momie, sur laquelle on s'est accordé, est un cadavre qui a été préservé de la décomposition, et ce ou bien de manière accidentelle, ou bien de manière intentionnelle", indique Nala Aloudat.

Des momies de tous les continents sont donc exposées. D'ailleurs, les techniciens du musée s'affairaient il y a encore quelques jours pour positionner les objets dans les vitrines, comme autour de cette momie de la culture Chancay, une civilisation péruvienne du Xe au XIVe siècle.

Deux techniciens du Musée de l'Homme, à Paris, manipulent une statuette de la civilisation Chancay, utilisée lors de rites funéraires. (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO)
Deux techniciens du Musée de l'Homme, à Paris, manipulent une statuette de la civilisation Chancay, utilisée lors de rites funéraires. (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO)

Il y a aussi des objets funéraires, dont un tambour, et "une toute petite poupée sur une table, très émouvante, avec son visage rouge et ses petites mains levées", explique Rémi, qui est le collectionneur qui a prêté ces objets. "Ce sont des objets qui sont chez moi, dans mon salon, explique le collectionneur. Je les prête, parce que, d'abord, je trouve que c'est normal que des objets archéologiques puissent retrouver un contexte muséal autant que possible", précise-t-il.

"Ce sont des objets, des visages qui vous regardent. Des petits êtres humains qui sont modelés, notamment ces poupées en céramique. Et oui, elles me font sourire et m'émeuvent beaucoup."

Rémi, un collectionneur de momies

à franceinfo

Le mystère de Strasbourg

Parmi les neuf momies humaines exposées, il y a celle qu'on appelle "la momie de Strasbourg", datant du XVIIe siècle, retrouvée en Alsace, habillée d'une jolie robe. "Il y a eu toute une recherche pour essayer de retrouver son nom. On n'a pas encore retrouvé son identité, mais on s'en est approché dangereusement", raconte Nala Aloudat.

La momie française, nommée la "Jeune fille de Strasbourg", présentée lors l'exposition Momies au musée de l'Homme à Paris, le 18 novembre 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP)
La momie française, nommée la "Jeune fille de Strasbourg", présentée lors l'exposition Momies au musée de l'Homme à Paris, le 18 novembre 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Un mystère de plus sur les momies, ces corps préservés qui fascinent. L'une de celles exposées au musée de l'Homme aurait même inspiré au peintre Munch son célèbre tableau, le Cri. Attention toutefois : ici, tout est dévoilé. Âmes sensibles s'abstenir. L'exposition est conseillée à partir de 8-9 ans.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème