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Dans la campagne birmane

le Mercredi 16 Mai 2012 à 15:19
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Avec Cédric Guigon. Cet étudiant est parti l'an dernier en tour du monde et notamment en Asie du Sud-Est.

Pêcheur sur le Lac Inlé © Radio France - Cédric Guigon

Extrait du Blog de Cédric Guigon.

"Au Myanmar, on en a des crampes aux zygomatiques. Mon cœur a été touché, profondément. Quand l'intérêt dépasse le porte-monnaie, et que l'on converge vers un échange, c'est là que peut sentir les réels effets de la chaleur humaine. Renvoyées au vestiaire l'hypocrisie ou la méfiance, au pilori le mépris et la condescendance. Dans ce contexte, l'échange culturel est impressionnant.

A bord du taxi qui nous emmène vers le lac Inlé, Jeremy et moi sommes à deux doigt de caner sous la chaleur accablante des plateaux birmans. Dans la voiture, nos affaires sont entassées à l'arrière, sur le siège avant, il y a une mère avec son petit dernier et sur la banquette nous sommes serrés, mon pote, ma guitare, le fils ainé de madame (à peu près huit ans) et moi-même. [...] Après une surchauffe moteur qui nous a valu deux heures d'attente de plus avec "l'impensable", on finit par déboucher sur la petite ville de Nyaungshwe, non loin du lac.

On prend nos quartiers dans une guesthouse vide d'autres "guests", et la propriétaire qui parle aussi vite qu'elle nous soutire nos deniers nous convie à un repas shan (l'ethnie majoritaire de la région) gratuit. Nous qui voulions nous régaler d'une pizza bien occidentale, on n'ose pas refuser et on passe notre soirée à manger les désormais traditionnelles racines de plants de moutarde, accompagnés de nouilles au bœuf, tout en se faisant dévorer par des moustiques gros comme le pouce. On prend la journée du lendemain pour un tour en pirogue (à moteur) sur l'immense lac Inlé. On pourrait le comparer à notre beau Léman (en plus petit), disons, deux-cents ans plus tôt, lorsque le béton n'avait pas recouvert ses rives et que les roseaux peuplaient les marécages alentours. On slalome entre les petits chenaux formés par les cultures hydrophiles des lieux, tomates, pastèques, melons et une variété surprenante de légumes poussent sur des millions de tuteurs plantés dans le lac. Des Birmans, avec leur élégant chapeau conique, travaillent depuis leur pirogues debout en équilibre sur la proue.

Non loin, les pêcheurs se livrent à un numéro d'acrobate: ils pagaient à l'aide de leur bras et d'une jambe enroulée autour de l'unique rame, déployant leur filet de l'autre main tout en se tenant sur la poupe (cette fois), tels des flamants roses dormant sur une seule patte. Ce spectacle ahurissant nous vaudra quelques photos bien senties. Un inintéressant marché aux odeurs de poiscaille sera la première halte, avant de nous arrêter devant une fabrique d'objets en argent. L'intérêt de l'ensemble de ces ateliers, c'est la manière toujours traditionnelle dont l'ensemble des artisans travaillent, pas d'électricité, on chauffe au bois, taille au ciseau, tisse au rouet. Les cigares sont un assemblage de tabac, d'alcool, de banane et de feuille de cocotier et leur odeur douce se répand dans les maisons toutes sur pilotis".

Père et fils, village de Palan © Radio France Cédric Guigon

Moines sur u Bein Bridge, Mandalay © Radio France Cédric Guigon

aube sur les temples de Bagan Birmanie © Radio France Cédric Guigon

Nuit sur la Swedagon Paya, Yangon© Radio France Cédric Guigon