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Découvrir le monde en marchant

le Samedi 21 Janvier 2012 à 06:51
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C'est l'histoire d'un casse-cou qui a trouvé le moyen de découvrir le monde en prenant son temps. Alexandre Poussin est un adepte de la marche.

La famille Poussin

Il revient de loin, Alexandre, de l'Afrique bien sûr qu'il a remontée avec sa femme Sonia du sud au nord, 14.000 kilomètres à pied en trois ans. Mais il revient de plus loin encore, lorsqu'à l'âge de treize ans, après un bête accident, il aurait dû rester tétraplégique. Un an à l'hôpital engoncé dans un corset et une minerve et le voilà quasi miraculé.

C'est sans doute pour être passé près de la paralysie, qu'Alexandre Poussin a dévoré la vie avec la fougue d'un jeune inconscient, à faire l'équilibriste, la nuit, sur les monuments ou clochers  parisiens, à pratiquer les sports extrêmes, à faire le tour du monde à vélo avec son ami Sylvain Tesson. Et comme il trouvait que la bicyclette ça allait encore trop vite pour bien voir le monde, et bien il s'est mis à marcher.

Dans un livre paru chez Robert Laffont, "Marche avant", Alexandre Poussin nous livre les réflexions qui l'ont nourri durant ses longues heures de marche. Il reprend cette formule de Publius Syrius, esclave affranchi de Rome : "le courage croît lorsque l'on ose et la peur croît lorsqu'on hésite". Rien de bon ne se fait dans l'immobilisme. Il faut savoir aller de l'avant, prendre des risques pour donner du sens à l'existence.

Alexander Poussin reconnaît que cette marche-là est un luxe. Tout au long de ses pérégrinations, il a aussi fait des bouts de route avec des hommes, des femmes qui n'avaient pas le choix. Comme ce petit Africain qui les a accompagnés un matin, au soleil levant….

"Et le petit gamin marche. Au bout d'une heure, cinq kilomètres, mais elle est où ton école ? Elle est juste là. Dix kilomètres, une heure plus tard, mais tu es sûr que tu ne viens pas avec nous jusqu'à Jérusalem ? Il dit, non, non, non, elle est juste là mon école ! Trois heures plus tard, quinze kilomètres, il a fait quinze kilomètres pieds nus, sans petit déjeuner, en partant à cinq heures du matin. Ca veut dire qu'il fait le même trajet le soir pour rentrer chez lui, il n'y a pas de ramassage scolaire. Et faut voir la gueule de l'école : c'est quatre murs de parpaing, la tôle ondulée arrachée. Donc, forcément, il y a une inversion des valeurs où le marcheur prométhéen, héroïque, occidental qui dit : je vais traverser l'Afrique, il prend des leçons d'humilité tous les jours. C'est-à-dire que moi, je ne marche plus en Afrique. Eux, ils marchent tous les jours !"

Alexandre et Sonia Poussin sont bien décidés à poursuivre cette quête du monde en marchant. Ils s'apprêtent à repartir pour un nouveau voyage au long cours et ce sera avec leurs deux enfants.

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