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Au pôle Nord, sur une coquille d'oeuf

le Samedi 12 Mai 2012 à 06:51
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Même si la banquise a tendance à se réduire comme peau de chagrin, se rendre au pôle Nord géographique reste un plaisir indicible.

Pôle Nord © Cabon/Le Tressoler

Quand on se retrouve à huit cents kilomètres de la première terre avec plus de quatre mille mètres de fond sous les pieds, posé sur une coquille de glace d'à peine un mètre cinquante d'épaisseur, on éprouve des sensations fortes. En plus, comme le soleil ne se couche jamais à cette période, on a vraiment l'impression de vivre hors du temps.

C'est sur cette planète qu'Alan Le Tressoler et Julien Cabon ont débarqué au début du mois d'avril. Leur mission, effectuer des prélèvements, des relevés pour mesurer l'impact de la météo, de la pollution, sur la zone arctique. Pour se rendre au pôle nord, on passe habituellement par une base temporaire mise en place par les Russes, la base de Barnéo.

Pendant une période très limitée, de plus en plus limitée même, les Russes installent un campement posé sur la banquise avec une infrastructure qui permet l'atterrissage d'avions et le décollage d'hélicoptères. C'est un système qui existait déjà du temps de Staline sauf qu'à l'époque le campement dérivait pendant plusieurs mois. Aujourd'hui, comme la glace est de plus en plus fine, il n'a pas tenu plus de trois semaines. Et Julien Cabon se doutait avant de partir que sa  mission serait plus courte que prévue...

"Le maximum que l'on pouvait faire, c'était un mois et généralement, on est toujours obligé de se reconfigurer dans ce genre de projet. Et trois semaines, c'est bien... avec cette incertitude, tous les jours, de se dire : un nouveau bras de mer s'est ouvert à cinquante mètres de notre tente, par exemple... et là, on se dit : si ce bras de mer s'ouvre pareil du côté de la base de Barnéo, va falloir certainement rentrer plus vite. C'est ça qui était assez magique, c'est que le matin, on se réveille et la première chose qu'on fait c'est un tour du campement. Parfois, il y avait un bras de mer qui s'était refermé, il y en avait un autre qui s'était ouvert. La nuit, on était réveillé par les craquements de la banquise. Ce n'est jamais très rassurant mais en même temps c'est assez beau. L'environnement change en permanence. On était deux marins sur un océan de glace."

Julien Cabon et son équipier Alan Le Tressoler se félicitent de cette mission qu'ils ont pu mener à bien. Les conditions ont été rudes, une température qui a atteint les moins quarante, mais ils ont le sentiment que ces instants sur la banquise seront de plus en plus rare. Certains pensent que la glace du pôle nord aura totalement disparu l'été d'ici 2030.

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