Sonde Rosetta : l'eau de la Terre ne proviendrait pas des comètes

par Elise Delève mercredi 10 décembre 2014 20:34, mis à jour le mercredi 10 décembre 2014 à 21h00
 Le robot Philae s\\\'est mis en mode veille sur la comète Tchouri.
Le robot Philae s'est mis en mode veille sur la comète Tchouri.

Selon des mesures faites par la sonde Rosetta sur la comète Tchouri, l'eau terrestre proviendrait d'astéroïdes qui ont frappé la Terre il y a 3,9 milliards d'années et non de noyaux cométaires. Par ailleurs, la tentative de forage de Philae a échoué indique le CNES.

C'était l'un des objectifs de la sonde Rosetta sur la comète Tchouri : savoir d'où l'eau terrestre provient. Ce mercredi, une étude publiée dans la revue américaine Science montre que la sonde n'a pas trouvé d'eau océanique dans la comète Tchouri. Autrement dit, l'eau de la comète et celle de la Terre sont différentes. "Nous devons conclure que l'eau terrestre a été plus probablement apportée par des astéroïdes que par des comètes", a expliqué lors d'une conférence de presse Kathrin Altwegg de l'Université suisse de Berne, principal auteur de cette étude.

L'eau découverte sur la comète "Tchouri" n'est pas la même que l'eau terrestre. Les explications de Francis Rocard, responsable des programmes d'explorations solaires du CNES
A l'aide d'un spectromètre, les chercheurs ont déterminé que la signature atomique des molécules d'eau captées à proximité de Tchourioumov est très différente de celle se trouvant sur la Terre.  "A mon avis, ce résultat de Rosetta ne bouleverse pas les choses mais les rend un peu plus complexes qu'on ne le pensait, tout en renforçant l'hypothèse des astéroïdes" comme source de l'eau terrestre, a expliqué à l'AFP Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au Centre national d'études spatiales.

Philae a foré dans le vide

Dans le même temps, le Cnes a annoncé ce mercredi que les opérations de forage du robot Philae n'ont rien donné. "Le robot Philae a malheureusement foré dans le vide et il va falloir attendre le printemps pour qu'il puisse recharger ses batteries et compléter sa mission arrêtée le 15 novembre", à savoir prélever des échantillons du noyau pour en analyser la composition, a expliqué à l'AFP Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au CNES.
La foreuse devait collecter un échantillon mais aucun signal n'a été enregistré, et selon le responsable de l'expérience COSAC (chargé d'analyser les échantillons du noyau cométaire prélevés, ndlr), joint par le Cnes, "une troisième fois seulement un signal indiquant que le processus progressait.... donc c'est presque sûr" qu'aucun prélèvement de matériaux n'a eu lieu. On peut expliquer ce troisième signal par le fait qu'un "grain du sol soit dans le four à pyrolyse", ce qui "aurait pu être analysé par COSAC, mais un grain c'est très peu", a précisé le Cnes.