Cent dix cancérologues dénoncent les prix "absolument fous" des laboratoires

par Bruno Rougier mardi 15 mars 2016 07:28
Le Glivec de Novartis
Le prix du Glivec de Novartis est cité en exemple par les cancérologues © REUTERS / Amit Dave

Les médicaments contre le cancer sont beaucoup trop chers. Cent dix cancérologues et hématologues signent ce mardi matin une pétition dans Le Figaro pour critiquer la marge que se font les laboratoires en vendant des médicaments à un coût bien supérieur au coût réel. Il y a un an leurs confrères américains avaient déjà lancé un appel alarmant.

Pour les signataires de cet appel, il y a urgence car notre système est au point de rupture et l'on risque demain de refuser un médicament à un malade parce qu'il coûte trop cher. Les cancérologues dénoncent des prix fixés en fonction de la capacité d'un pays à payer. Voilà pourquoi le Glivec, un médicament contre une leucémie, coûte 7500 euro par mois aux Etats-Unis, 3000 en France et quelques dizaines d'euros en Inde.  Les marges de l'industrie pharmaceutique sont scandaleuses dénonce le professeur Jean-Paul Vernant, professeur d'hématologie à l’Université Pierre et Marie Curie. à l'origine de cette pétition.

"Ce que nous craignons, c'est le sens de cet appel, c'est que notre système de santé solidaire soit mis à mal par ces prix absolument fous. Le prix dépend de la capacité qu'a le marché de payer. Il n'a rien à voir avec ce que la molécule a coûté en recherche et développement". Et il donne l'exemple du Glivec dont le traitement en France "coûte entre 30.000 et 40.000 euros par an alors que c'est un traitement que les Indiens fabriquent de manière générique à moins de 150 ou 200 euros pour le traitement annuel".

Le prix des médicaments "n'a rien à voir avec ce que la molécule a coûté en recherche et développement" (Jean-Paul Vernant)

Les cancérologues demandent en France un système de fixation des prix du médicament plus transparent en y associant médecins et patients. Face à ces accusations, les industriels du médicament expliquent qu'ils doivent travailler sur des molécules plus complexes que dans le passé et qu'ils développent des médicaments personnalisés, visant moins de malades, ce qui explique l'inflation des prix.