"Boues rouges" : les écologistes en appellent à Ségolène Royal

par Anne-Laure Barral vendredi 29 janvier 2016 20:32
Fin décembre, l\\\'usine Altéo a obtenu une nouvelle autorisation de rejets de \\\"boues rouges\\\" pour 30 ans © MaxPPP
Le site de stockage de "boues rouges" de Mange Garri - Bouc-Bel-Air, à Gardanne. © MaxPPP

Des militants pour l'environnement se rassemblent ce samedi après-midi à Marseille contre le rejet des "boues rouges" dans le parc national des Calanques. En décembre dernier, l'Etat a autorisé l'entreprise Alteo à poursuivre ses rejets toxiques au fond de la mer. Les associations et les pêcheurs espèrent être soutenus par la ministre de l'Ecologie.

Plusieurs associations de défense de l'environnement appellent à manifester samedi après-midi devant la préfecture de région à Marseille. Une mobilisation contre les rejets d'effluents toxiques en plein parc naturel des Calanques au large de Marseille. Ce qu'on appelle désormais les "boues rouges".

Les manifestants veulent interpeller la ministre de l'Ecologie. Car Ségolène Royal reconnaît facilement qu'elle n'y est pas favorable, contrairement au ministère de l'Economie qui, lui, y voit surtout l'intérêt de l'entreprise Altéo, productrice de ces rejets, et de ses 400 salariés.

En décembre dernier, l'Etat a en effet autorisé l'entreprise Alteo a poursuivre ces rejets de produits toxiques en mer pour 30 ans malgré les alertes de l'Agence nationale de sécurité alimentaires (Anses). Malgré aussi les avertissements de scientifiques a propos des impacts sur la faune marine : les métaux lourds perturbant notamment la reproduction des oursins et des huîtres.

Les associations de défense de l'environnement sont aujourd'hui rejointes par des pêcheurs qui demandent la fin de ces rejets en plein cœur du parc national des Calanques.

Des contraintes qui se durcissent

Depuis les années 60, l'usine Alteo, située dans l'ancien bassin minier de Provence, travaille les alumines et la bauxite. Des matières utilisées pour la fabrication de céramiques ou de verres spéciaux. Sauf qu'après ces traitements chimiques, elle a de nombreux déchets toxiques à évacuer : aluminium, arsenic, fer.

Elle rejette donc en mer ces "boues rouges" dans une fosse à plus de 300 mètres de fond au large de Cassis. Certes, depuis 40 ans, l'industriel a fait évoluer ses filtres et ses rejets qui sont de plus en plus liquides. Mais les contraintes environnementales européennes et françaises se durcissent.

Eric Duchenne, le directeur des opérations d'Alteo, dénonce des "amalgames" : "Nous ne rejetons plus de boues rouges en mer"
"L'entreprise Alteo fait de la manipulation d'informations. Elle n'a mis en place qu'un pré-traitement" de la pollution répond Alain Matési, le président de l'association CoLLecT-IF environnement