Sivens : "Vont-ils oser" construire un barrage sur un cadavre? (EELV)

par Corinne Cutilla lundi 27 octobre 2014 06:07, mis à jour le lundi 27 octobre 2014 à 08h06
Le site du projet de barrage après la mort d\\\'un jeune homme
Le site du projet de barrage après la mort d'un jeune homme © MAXPPP

C'est Gérard Onesta, le vice-président écologiste de la région Midi-Pyrénées qui interpelle ainsi les autorités après la mort ce week-end d'un jeune homme. Et José Bové a contesté ce lundi sur France Info la version du procureur.

"Du côté des autorités, depuis plus de deux mois, rien, absolument rien n'a été fait pour éviter le drame. Depuis 1977 c'est la première fois qu'il y a un mort dans une manifestation environnementale. Comment vont-ils construire un barrage aussi absurde sur un tas de mensonges enfin dévoilé au grand jour mais sur un cadavre. Vont-ils oser?" s'interroge Gérard Onesta.

Et pour confirmer "l'absurdité" de ce projet, ce "tas de mensonges" dont parle le vice-président EELV du conseil régional de Midi-Pyrénées, les écologistes attendaient beaucoup de la publication du rapport demandé par la ministre de l'Ecologie et qui a été rendu public ce lundi. Mais on sait déjà qu'il critique ce projet de barrage soutenu par le conseil général du Tarn : des besoins surestimés, une étude d'impact de qualité très moyenne et un financement fragile. Mais aussi que c'est un chantier difficile à arrêter.

 

Devant la contestation Ségolène Royal avait lancé le 8 septembre, une mission d'expertise pour évaluer "la qualité et l'ambition du projet de territoire et les mesures compensatoires visant à préserver la biodiversité du site". Un rapport qu'elle se refusait jusqu'à présent à publier.

Jeune opposant mort : autopsie ce lundi après-midi

Quant à l'enquète sur la mort du jeune écologiste dont le corps a été découvert dimanche à l'aube, elle s'annonce compliquée. Selon le procureur d'Albi "il est trop tôt pour affirmer le rôle exact (de la victime)  au sein du groupe d'opposants à la construction du barrage de Sivens. Malheureusement, en raison de l'hostilité des manifestants, il n'a pas été possible d'effectuer la moindre constatation technique sur les lieux où le corps a été retrouvé."

"En raison de l'hostilité des manifestants, il n'a pas été possible d'effectuer la moindre constatation" (Le procureur d'Albi dans ce reportage de Corinne Cutilla)

Sur France Info ce lundi matin, José Bové, qui estime que le jeune homme a "semble-t-il a été victime d'un tir", a contesté la version du procureur. Les responsables écologistes présents lui ont dit qu'ils avaient "fait baliser" le lieu où le cadavre a été découvert. Et que les gendarmes n'étaient pas venus. "C'est ce qui m'a été rapporté."

Les écologistes présents m'ont dit : 'on n'a pas vu de gendarmes" (José Bové)

Ce jeune homme a "semble-t-il a été victime d'un tir" (José Bové)