Alors qu'arrive le week-end de la Toussaint et les traditionnels bouchons, des chercheurs travaillent sur les routes de l'avenir, où le trafic sera capable de s'autoréguler. Le Laboratoire central des Ponts et Chaussées a mis au point un système grâce auquel la voiture s'adapte automatiquement à la vitesse autorisée. Une première étape vers la route automatisée, où le conducteur deviendra un passager.
Vue prospective d'une route automatisée telles qu'elles pourraient se développer d'ici 30 à 50 ans. © © RF / Grégoire Lecalot Radio France
Imaginez... Vous arrivez aux abords de Paris, sur une route dont les Grands Anciens ne se lassent pas de raconter les mythologiques embouteillages.... Mais vous, vous croisez les bras et vous coulez dans le flot de circulation qui vous emmène comme sur un tapis roulant. Vous pouvez aussi bien être automobiliste lyonnais, marseillais ou bien toulousain, vous roulerez peut-être, d'ici 20 à 30 ans sur des routes automatisées, où le conducteur ne touchera plus au volant. Rien à voir avec de la science fiction à la Star Wars. De très sérieux chercheurs et ingénieurs travaillent à cet avenir. Ainsi, le Laboratoire central des Ponts et Chaussées (LCPC) vient-il de mettre au point un système expérimental, qui pourrait bien être un premier pas vers la route automatique. Le LAVIA adapte automatiquement la voiture à la vitesse autorisée, sans que le conducteur n'ait rien à toucher ni à régler. Expérimenté dans les Yvelines, il a intégré une carte du département, dont les voitures expérimentales connaissent ainsi chaque portion de route, et la vitesse qu'il convient de ne pas y dépasser. Un autre système, DIVAS, permet au véhicule d'adapter son allure à l'état de la route, grâce à des capteurs disposés sur les côtés de la chaussée, qui transmettent des informations aux voitures. Inutile de préciser que ces voitures expérimentales n'ont pour l'instant pas grand chose à voir avec les modèles qui seront un jour, peut-être, proposés aux automobilistes que nous sommes. Bardés de capteurs, de caméras et d'informatique, ils sont répartis entre le centre d'essai de Bouguenais, en Loire-Atlantique et Satory, dans les Yvelines, où se trouve le LIVIC, laboratoire spécialisé dans les systèmes de prévention des accidents, dépendant du LCPC et de l'Institut national de recherche sur les transports et la sécurité (INRETS). Grâce aux capteurs répartis dans les véhicules et sur les balises de bord de route, chaque conducteur pourra peut-être bientôt savoir ce qui se passe dans un rayon d'un kilomètre. Le véhicule deviendra alors une centrale de communication, échangeant des informations avec ceux qui le suivent et le précèdent, ou bien un régulateur central. Une averse détrempe la route ? La voiture qui vous précède transmet l'information qui vous revient. Un ralentissement ? Même principe etc. Une super-vision qui permettra peut-être d'éviter d'éviter nombre d'accidents. Ces routes intelligentes, qui doivent encore être équipées de capteurs et accueillir des véhicules tout aussi intelligents, vont peut-être sillonner le paysage d'ici 20 ans. L'étape suivante, peut-être entre 2030 et 2050, sera donc la route automatique. Toutes les informations récupérées par les capteurs de routes ou embarqués remonteraient vers un régulateur, chargé de gérer une portion de route. Certaines voies seraient alors réservées à des véhicules adaptés, dont le régulateur pourrait prendre le contrôle à distance, dès qu'ils entreraient sur les voies en question. _ Sur ces voies, le système déciderait de la vitesse des véhicules et même de leur écartement... Et le conducteur n'aurait plus qu'à faire la sieste. Ainsi, la circulation serait plus fluide, sans à-coups, avec moins de risques d'accidents et sans bouchons, puisque la vitesse et l'écartement seraient calculés en fonction de l'encombrement. Ces routes automatisées n'irrigueraient pas toute la France, mais des portions d'autoroutes ou de routes aux abords des grandes villes. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées rêvent notamment de transformer une partie des rocades parisiennes, périphérique et A86, en routes automatiques. Seulement, une telle révolution routière nécessite une infrastructure et une volonté politique à la hauteur de l'investissement colossal dont elle a besoin. Un tel projet “doit être européen dès le début”, affirme Hélène Jacquot-Guimbal, directrice générale du LCPC. “Il faut qu'il puisse s'adapter sur toutes les routes européennes et à tous les véhicules”. Il faut aussi valider de nombreuses expériences sur le terrain. “Il y a des choses que l'on sait faire sur 30 mètres, nous ne savons pas encore le faire sur 30 km”, admet Hélène Jacquot-Guimbal. La vitesse de réaction du système notamment, doit être suffisamment rapide. De telles routes coûteront aussi cher. Les capteurs devront par exemple être remplacés tous les 10-15 ans. Grégoire Lecalot
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