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JO : one day sur la boucle cycliste de Box Hill

le Samedi 28 Juillet 2012 à 22:11
Par Cécile Quéguiner

C'est le Kazakh Vinokourov qui a remporté la course en ligne à son arrivée à Buckingham. Pourtant dans cette épreuve gratuite traversant Londres et ses alentours, les Britanniques, récemment convertis au vélo sont venus nombreux donner de la voix. Reportage à Box Hill, le tronçon clé et bucolique du parcours.

Sur le papier, Box Hill, c'était la section dangereuse de l'épreuve de cyclisme sur route messieurs prévue sur 149 km dès 10 heures locales. Une boucle de 15,6 km comprenant une côte à 4,9% à gravir neuf fois. Voilà pour la technique. Mais devant cette grimpette olympique, peu de grands connaisseurs du vélo. Plutôt des spectateurs venus en voisins ou curieux devant cette improbable épreuve internationale organisée dans une Angleterre champêtre de carte postale, vivant dans l'ombre de Londres, à 30 km et 3/4 d'heures de train seulement. 

A la sortie de la gare de Box Hill, sud ouest de Londres © Radio France CQ

Au sortir de la gare, qui semble à mille lieux de la bouillonnante capitale, tout est fléché et le visiteur guidé par du personnel de la Railway qui se morfond d'être si près de l'événement mais de ne pas pouvoir y assister. Regret mais bonne humeur. Il en faut. Pour atteindre la côte de Box Hill, dont tous les accès ont été coupés, il faut marcher. Longtemps. Et pour gagner quelques minutes, traverser un bosquet, ou un champ de bottes de foin.

De l'Union Jack au kilomètre

On est bien loin du clinquant olympique de Stratford. D'autant que l'épreuve est gratuite, donc ouverte au public. Ici, pas de contrôle. Pas de visible dispositif de sécurité. Et l'on se presse en joyeuse procession, à vélo ou à pied, bardé d'Union Jack sous toutes ses formes jusqu'aux plus les plus excentriques.

Entre deux passages, environ 20 minutes de patience © Radio France CQ

Cette promenade forcée ne réfrène ni les femmes enceintes, comme Sarah qui veut dire un jour "I was there", ni quelques vieux messieurs claudiquants mais déterminés. Objectif : Mickleham, "une caricature de village anglais, explique Graham, ancien équipementier de cricket. Ici, il y a l'épicerie, l'église, le pub." Une commune inconnue au bataillon, qui n'avait jamais éprouvé une ambiance pareille. L'épicerie, "established 1833", est bourrée à craquée : "Historique", dit la vendeuse. 

Elizabeth, 79 ans, voisine du parcours : "J'en profite, après tous les désagréments, les routes coupées, qu'on a subis" © Radio France CQ

Dans la foule, quelques fondus de vélo tout de même, comme Robbin, qui a pédalé l'été dernier de Paris à Bordeaux avec son épouse, et chronomètre lors de chaque passage, l'écart entre le premier coureur et le héros de l'assistance, Mark Cavendish. D'autres ne sont pas moins enthousiastes quand il file devant leur position, mais se fichent bien pourtant de la discipline. "C'est juste qu'il est Britannique. C'est formidable, explique Denise, qui habite à côté, carbure au vin blanc à 11h et hurle avec ses enfants "Cavendish, you rock".

"L'épreuve de vélo, au moins c'est gratuit. L'aviron, c'est trop cher"

Lucy, 8 ans, a aussi tout l'attirail du parfait supporter, mais c'est sa première course. D'ailleurs, sa mère Jane, à tout prendre, aurait préféré assister à une épreuve d'aviron. "Mais c'est trop cher, dit-elle. Sans parler des finales, 60 livres par personne, pour une famille de quatre, on ne peut pas". Ca ne gâche pourtant pas non plus son enthousiasme, devant le quatrième passage du peloton. 

Lucy, 8 ans, avec ses parents, fans de vélo... et d'aviron © Radio France CQ

Les boucles se succèdent. Les bières aussi. La foule installée sur des couvertures, des sièges pliants, discute ou fait des mots croisés, entre les passages des cyclistes. Elle n'est pas bégueule et encourage autant les enfants du pays, que les coureurs à la traîne, comme l'Iranien ou le Coréen. Puis, vient le dernier tour et puis s'en vont. Le peloton reprend la direction de Londres. Elizabeth, charmante lady de 79 ans, rentre chez elle à deux pas regarder la suite à la télévision : "C'est devenu un phénomène, ici, le vélo. Maintenant, quand je vais l'église, il y en a tellement qu'il faut faire attention". D'autres rentrent à Londres et vivent l'arrivée à Buckingham, sans sciller, sur leur smartphone à la gare. Et la journaliste française que je suis, repart avec un masque en carton de Wiggins sous le bras, offert par une distinguée spectatrice, parce que "le Tour de France, of course !"

"Non, c'est pour vous. Ca nous fait plaisir de le donner à une Française" © Radio France CQ

 

Par Cécile Quéguiner
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Avatar de anonyme
So lovely !
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