Alors que la saison de ski alpin se termine tranquillement cette semaine avec les championnats de France, Yves Dimier, le Directeur technique alpin, fait le bilan de cette saison 2009/2010. Ainsi, s'il regrette les blessures de certains leaders comme Jean-Baptiste Grange et le fait d'être rentré bredouille des Jeux de Vancouver, la saison de Coupe du monde annonce tout de même une bonne dynamique en marche.
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Alors que la saison de ski alpin se termine tranquillement cette semaine avec les championnats de France, Yves Dimier, le Directeur technique alpin, fait le bilan de cette saison 2009/2010. Ainsi, s'il regrette les blessures de certains leaders comme Jean-Baptiste Grange et le fait d'être rentré bredouille des Jeux de Vancouver, la saison de Coupe du monde annonce tout de même une bonne dynamique en marche. Yves, quel bilan tirez-vous de cette saison de Coupe du monde ? Le bilan est mitigé parce que le début de saison a été entaché de beaucoup de blessures. On a dû déplorer avant le début de saison l'absence de Pierrick Bourgeat (fracture du tibia, ndlr), et dès les premières courses, il y a eu aussi Grange, Fanara, Dalcin. Ce sont quand même des leaders. Malgré ça, le début de saison a été excellent, car beaucoup d'athlètes ont fait des efforts, ont donné beaucoup pour être aux avant-postes, et pour ne pas se laisser abattre par les blessures de certains, et notamment de notre leader, Jean-Baptiste Grange (rupture du ligament croisé antérieur du genou droit). La fin de saison a en revanche été un petit peu plus difficile après les Jeux, un petit peu morose, les gens n'ont pas réussi à rebondir. Julien (Lizeroux) et Sandrine (Aubert) n'arrivent pas à prendre le globe, ce qui était à leur portée sur les dernières courses. Mais bon, globalement la saison de Coupe de monde est positive, compte tenu des soucis qu'on a eu, et notamment de la perte de nos leaders sur blessure. Les Jeux Olympiques viennent donc ternir ce bilan ? Les JO, bien entendu que c'est le gros point noir au milieu de la saison. C'est quand même l'objectif principal. Zéro médaille pour le ski alpin français c'est dur à digérer. Surtout parce que depuis trois ans il y a une dynamique. Les championnats du monde à la maison ont été réussis (3 médailles d'argent), les saisons en Coupe du monde et le classement mondial ont été bons, satisfaisants. On ne s'y attendait pas. Malgré tout, si les Jeux sont un point négatif, la saison est bonne, parce qu'il nous manque nos leaders. Et malgré cela, on est à nouveau la quatrième nation au monde. Une chose qui n'est pas si évidente que cela, car il y a quatre ans nous étions septièmes. Chez les juniors en revanche, le bilan est bon avec notamment quatre titres décrochés lors des Mondiaux, en janvier, au Mont-Blanc, quel est leur avenir en équipe de France ? Ils sont déjà dans les équipes de France, mais dans les groupes réserves et juniors. Mathieu Faivre (18 ans, champion du monde junior de géant) a fait sa première épreuve de Coupe de monde lors des finales à Garmisch, il termine 15e et marque ses premiers points Coupe du monde. Ça c'est positif, ça montre qu'il y a une dynamique dans le ski alpin français, qui tire tout le monde vers le haut. "Au niveau de la vitesse garçon, il faudra faire le bilan l'année prochaine" Pour en revenir aux séniors, il y a tout de même un problème avec la vitesse, chez les hommes, où l'on n'arrive pas à être performant dans la continuité... Complètement. Même si en vitesse chez les hommes on a pu voir de bonnes places cet hiver, de Claret ou Poisson. Mais on a un nouvel entraîneur et on ne peut pas faire un miracle en une année, ce n'est pas possible. Donc, au niveau de la vitesse garçon, il faudra faire le bilan l'année prochaine. Y-a-t-il une frustration pour Julien Lizerioux, qui ne passe pas loin du globe de cristal en slalom ? Il y a beaucoup de frustration. C'est un grand compétiteur. Mais il accepte la défaite parce qu'il a joué. Il a encore fait une course exceptionnelle sur la dernière épreuve. Mais l'Autrichien (Herbst) a gagné quatre courses cet hiver, il mérite le globe. Julien n'a pas grand-chose à se reprocher sur ce coup-là. Il a joué toutes ses cartouches à la finale et à seize centièmes près, il avait le globe. Il a failli réaliser le hold-up, ce qui aurait été quelque chose d'exceptionnel. On a été obligé d'accepter que l'Autrichien était meilleur. Ce n'est donc que partie remise pour l'an prochain ? Après tous les pépins physiques qu'il a eu pendant de nombreuses années, il se met en place depuis deux saisons. Il continue à progresser gentiment. Il est au haut niveau, c'est tout prêt du sommet, il lui fait encore des ajustements pour être plus régulier. "Pour Aubert, on tranchera dans l'intérêt du collectif et de l'individualité" Il sera forcément en concurrence avec Grange, qui fera son retour. Qu'attendre, en terme de performance, de ce retour ? Avant sa blessure, il était tenant de la Coupe de monde de slalom. Son objectif c'est de gagner des slaloms et de remonter sur des podiums en géant. Ce sera les mêmes objectifs l'année prochaine que cette année. Alors bien sûr en revenant d'un genou comme ça, ça va être difficile d'être performant en vitesse, mais dans tous les cas, dans toutes les épreuves techniques, il va viser les podium et les victoires. Et puis il y a les championnats du monde à Garmish, il va viser une médaille là-bas. Chez les femmes, comment sera géré l'individualisme de Sandrine Aubert ? Il va y avoir des discussions avec elle, son entourage et le staff fédéral pour trouver le meilleur aménagement. Donc ça peut-être 100% dans l'équipe, ou 100% hors-équipe ou un aménagement qui fera en sorte que le groupe collectif puisse s'épanouir et avancer car c'est une des priorités. Il faut également faire en sorte que l'individu Sandrine Aubert, l'athlète et la championne Sandrine Aubert puissent s'épanouir et progresser pour gagner l'année prochaine. Ça va être des tables rondes, des discussions, on va prendre notre temps pour bien peser le pour, le contre, savoir ce qui a été bien fait, mal fait. On tranchera à la fin dans l'intérêt du collectif et de l'individualité. Que penser de la progression des jeunes Tessa Worley et Taïna Barrioz ? Leur progression est assez satisfaisante. Elles montent, ces filles. Elles progressent, elle titillent de plus en plus régulièrement les podiums voire les premières places. Maintenant, il leur faut encore un peu plus d'expérience, un peu plus de formation. On l'a vu sur les Jeux, elles n'étaient pas loin mais les conditions exceptionnelles de report, une manche un jour, une manche le lendemain, ce sont des choses qui arrivent rarement, il faut quand même apprendre à le gérer. "On a une densité en tant qu'outsiders mais pas une densité en tant que leaders" Et Marie Marchand-Arvier ? Sa saison n'est-elle pas décevante ? Il y a une petite frustration parce que je pense qu'aux JO elle n'était pas loin de pouvoir passer une petit cran supplémentaire et aller faire la médaille. Malgré tout, elle a fait une grosse chute à Val d'Isère en début de saison et ça laisse des traces. Marie est une battante et elle va passer au-delà de ça pour l'année prochaine. Mais cette année elle a perdu une bonne partie de son entraînement et de sa prise de confiance à cause d'une grosse chute. Ingrid Jacquemod, la doyenne de cette équipe de France, a réussi une bonne saison jusqu'au JO, va-t-elle continuer l'an prochain ? Elle est encore en train de réfléchir. Elle n'a pas annoncé officiellement si elle allait continuer ou pas. Mais Ingrid a profité de la dynamique du ski alpin pour faire une bonne saison, même s'il n'y a pas de victoire, pas de médaille. Elle finit la saison à la quatrième place de la Coupe du monde de descente et la cinquième en Super-G. C'est de bon augure pour la suite si, comme je l'espère, elle décide de continuer. Pour finir, quel est l'objectif pour les championnats du monde 2011, à Garmisch ? L'objectif restera le même qu'à Val d'Isère et qu'aux JO : deux médailles, c'est bien, trois médailles, c'est très bien. De toute façon, on travaille sur le fond, sur la détection pour que la France soit une place forte du ski alpin. Pour l'instant on est sur une équipe de France qui est en progression mais qui n'a pas une grosse densité à très haut niveau encore. On a une densité en tant qu'outsiders mais pas une densité en tant que leaders.
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