La main avouée de Thierry Henry relance une nouvelle fois le débat sur une réforme de l'arbitrage dans le football. La question de la vidéo fait toujours débat, entre les instances internationales qui y sont opposées, et de nombreux observateurs ou journalistes qui y voient la solution pour un arbitrage juste.
cata © © France Info Radio France
Robbie Keane, le capitaine irlandais, est furieux. Il accuse ce matin les présidents de la FIFA et de l'UEFA d'avoir soutenu la France : “Ils sont sans doute en train d'applaudir, Platini assis, au téléphone avec Sepp Blatter, ou s'échangeant des SMS, ravis du résultat”, enrage-t-il. En désignant les institutions internationales du football, il relance une nouvelle fois le débat sur l'arbitrage, et il n'est pas le seul après le but contestable qui envoie la France au Mondial 2010. Comment Martin Hansson, l'arbitre suédois de la rencontre France-Eire, a-t-il pu laisser impunie une faute aussi lourde, et aussi lourde de conséquences ? Le dogme de l'arbitre unique, maître absolu sur sa pelouse, vacille un peu plus sur son socle. Inventé à la fin du XIXème siècle pour pallier au manque de “fair-play” des équipes de l'époque, il apparaît dépassé en ce début du XXIème. Alors que Martin Hasson se demandait encore s'il allait ou non interroger Thierry Henry pour savoir s'il s'était passé quelque chose de pourri dans la surface de réparation, tous les téléspectateurs (plusieurs dizaines de millions dans les deux pays) savaient que la faute était incontestable. C'est donc un serpent de mer qui revient hanter le foot et qui s'invite largement dans les colonnes des journaux et sur les ondes télés et radios : la vidéo. Pour l'instant, c'est la faute de goût absolue pour un arbitre de football. Les instances internationales y demeurent opposées, depuis la Coupe du monde 1998. Pour expliquer ce “niet”, il faut remonter au match Brésil-Norvège du 23 juin. L'arbitre américain de la rencontre accorde un pénalty aux Norvégiens, car il a vu un joueur de la selaçao agripper le maillot d'un Norvégien. Problème, une quinzaine de caméras étaient braquées sur le terrain, et elles n'ont rien vu. L'arbitre est voué aux gémonies jusqu'à ce que d'autres images fassent surface, prises par une caméra privée, et qui montrent clairement que l'arbitre avait eu raison. Echaudée par cet exemple, les instances du foot, contrairement à celles du rugby, rejettent la vidéo. Des tests menés au Japon l'an dernier se sont révélés décevants, selon l'IFAB (International football association board), et ils ont confirmé la décision. Petite concession cependant, un quatrième arbitre est créé, qui n'a pas accès au terrain. Lui voit la rencontre sur vidéo, mais son rôle n'est pas bien défini. C'est lui qui, lors de la Coupe du monde 2006, avait signalé le fameux coup de boule de Zidane sur Materazzi, qui avait abouti à l'expulsion du meneur français. Les Bleus ne s'étaient pas fait fait faute de crier à l'arbitrage vidéo, et, face à cette accusation apparemment infâme, le quatrième arbitre a toujours assuré qu'il avait vu le geste de Zidane de ses yeux. La question divise donc plus que jamais le monde du ballon rond. Frédéric Thiriez, le patron de la Ligue de football professionnelle française est favorable à la vidéo. La FIFA y demeure opposée mais reconnaît qu'il faut fiabiliser les décisions arbitrales. Le président de l'UEFA, Michel Platini, milite donc pour étoffer les rangs des arbitres sur le terrain en plaçant deux nouveaux assistants derrière les buts. Grégoire Lecalot
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