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Une vidéo relance le débat sur le sexisme en Belgique

le Mercredi 1 Août 2012 à 15:12
Par Mélody Piu

Injures et harcèlement des femmes en rue (femme de la rue) --26 Juillet 2012-- © ClickInfoTV

Le film "Femme de la rue" de l'étudiante Sofie Peeters, sur le sexisme subi par les femmes dans un quartier populaire de Bruxelles a suscité d'important remous en Belgique, relançant ainsi le débat sur le sexisme et la place de la femme dans la société belge.

"Chienne" "salope" "C'est combien?" : Voici les commentaires que l'on peut entendre dans ce documentaire qui a été diffusé jeudi sur Canvas, une chaîne publique flamande.
Sofie Peeters a réalisé ce film dans le cadre de ses études de cinéma, où elle souhaitait faire partager son expérience quotidienne dans le quartier populaire et multiculturel d'Anneesens. "J'ai été surprise de voir que chaque fois que je sortais en rue, j'étais la cible des remarques des hommes" explique cette étudiante en cinéma. Elle décide alors de filmer en caméra cachée pour dénoncer ce sexisme quotidien.

Face à la vulgarité des propos récoltés dans la rue par la jeune femme, la classe politique belge a immédiatement réagi.
Selon l'agence de presse Belga, la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, a indiqué dans un communiqué qu'elle déposerait à la rentrée parlementaire, un projet de loi "dans le but de définir légalement le concept de sexisme, et, surtout, de défendre les victimes".

"Les remarques et injures sexistes doivent faire l'objet d'une condamnation sévère, qui rompt avec le sentiment d'impunité bien présent actuellement, à Bruxelles comme ailleurs", ajoute la ministre.

 

Mais la ville de Bruxelles ne compte pas attendre le feu vert du parlement. A partir du 1er septembre sera sanctionné d'une amende tout homme qui "injurie ou harcèle" des femmes dans la rue, a déclaré l'échevin du Tourisme, Philippe Close (PS), après la diffusion du documentaire.
La réalisatrice n'est pas convaincue : "Il va être difficile d'amener ces hommes au bureau de police et leur demander de répéter ce qu'ils viennent de te dire."


"9 fois sur 10, ces insultes sont proférées par un allochtone"

Mais ce documentaire a également provoqué la polémique car parmi les hommes qui maltraitent oralement les femmes dans la rue, il y a un grand nombre "d'allochtones" (étrangers, ndlr). En réponse à ces critiques, la réalisatrice a répondu à la télévision flamande VRT : "C'était l'une de mes grandes craintes, comment traiter de cette thématique sans tourner un film raciste ? Car c'est une réalité : quand on se promène à Bruxelles, 9 fois sur 10, ces insultes sont proférées par un allochtone. Mais ces personnes ne sont pas représentatives de toute la communauté maghrébine."

 

 

 

Par Mélody Piu
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Autre milieu, mais mêmes remarques exprimées de manière plus feutrée: l'université française Les jugements de valeur portés sur les collègues femmes sont en premier physique : sur une enseignante-chercheure "elle a de beaux restes" etc .. ce qu'elle a fait 'intellectuellement', professionnellement passe après . Cela va etre pondéré par le fait que l'on sait si la personne vit en couple (souvent dans le même milieu). De manière 'naturelle', les habitudes vestimentaires sont très neutres: peu de couleur par ex. les personnes incorporent très vite des codes faisant oublier ce qui pourrait etre vu maintenant comme 'trop' attirant. cela vaut aussi dans le rapport au public étudiant. Ce sont des propos banaux entre collègues hommes même pour des femmes chercheuses prestigieuses : je me souviens de la remarque (repétée) d'un ancien prof d'anthropologie (dont on attendrait empathie et reflexivité sur les préjugés sexistes) parlant d'une anthropologue chercheur reconnue et maintenant agée (comme lui) : "c'est dommage, c'était une beauté" avant . Remarque banale qui subordonne la valeur social/professionnelle à l'age (la 'fraicheur' physique) ,généralement la limite est 40-45ans . D'un autre coté, la beauté (une certaine beauté, plutot froide) et la jeunesse sont des valeurs facilitant la reconnaissance socioprofessionnelle : thèse, communications, projet de recherche.. Ce n'est pas flagrant au cas par cas mais d'une manière générale quand on regarde les chercheuses et enseignantes-chercheuses qui 'arrivent' , c'est évident, leur physique répond aux codes et aux normes en cours de la beauté. Aucune étude n'est faite, elle serait délicate . De manière générale, il manque un regard interne , ethnographique et sociologique, aux milieux universitaires, CNRS et en particulier IRD (ancienne Orstom) Tout cela a moins la marque de l'insulte entendue dans le film de Sofie Peeters mais cela montre une totale absence de conscience de la banalisation du jugement sexiste effaçant tout le reste. Dans le cadre universitaire (avec des variantes) le pourcentage de femmes est très faible chez les professeurs d'universités, (meme en sciences sociales) et dans les cadre de commandes, peu de choses ont changé en 20 ans. cela favorise l'entre-soi masculin et la pérennisation de valeurs attachées à cet entre-soi.
Avatar de anonyme
C'est pareil pour moi ici, un grand bravo pour votre courage!! Et merci beaucoup :) C'est enorme.
Avatar de anonyme
Adeline (anonyme),
http://www.franceinfo.fr/politique/assemblee-nationale-cecile-duflot-ou-... seulement dans la rue, et seulement en Belgique ? :)