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Polémique chez Gallimard après la publication d'un éloge d'Anders Breivik par Richard Millet

le Lundi 27 Août 2012 à 21:24 mis à jour à 23:11
Par Clara Beaudoux, Isabelle Labeyrie

Richard Millet en 2009 © BALTEL/SIPA

Richard Millet, auteur de nombreux ouvrages et membre du comité de lecture de Gallimard, vient de signer un texte qui encense le Norvégien Anders Behring Breivik, condamné à 21 ans de prison pour le meurtre de 77 personnes l'an dernier. La polémique enfle au sein de la maison d'édition.

Une situation bien embarrassante pour la maison d'édition Gallimard. Richard Millet y est éditeur depuis plusieurs années. Membre du prestigieux comité de lecture de la maison, il a écrit une cinquantaine de romans et d'essais, dont l'un a obtenu le prix de l'Académie française en 1994. C'est aussi lui qui a été l'éditeur d'Alexis Jenni, Goncourt 2011, et de Jonathan Littell, Goncourt 2006.

Bref, un auteur clé de la maison d'édition. Mais voilà, ses positions politiques commencent à gêner ses collègues. Le 24 août, un texte de Richard Millet intitulé "Eloge littéraire d'Anders Breivik", du nom du militant d'extrême-droite qui avait tué 77 personnes en Norvège en juillet 2011, est publié dans un recueil aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Hasard du calendrier ? Le jour de parution de ce recueil est aussi celui de la condamnation d'Anders Breivik par la justice norvégienne.

Anders Breivik "est sans doute ce que méritait la Norvège" 

Dans ce petit texte de 18 pagesRichard Millet explique qu'il n'approuve pas le geste du tueur, mais il évoque sa "perfection formelle", sa dimension "littéraire". L'auteur s'appuie sur cette histoire pour critiquer pêle-mêle la social-démocratie, l'immigration,  l'affaiblissement de la langue, le multiculturalisme, comme il l'avait déjà fait dans d'autres ouvrages. À propos d'Anders Breivik il écrit : "il est sans doute ce que méritait la Norvège et ce qui attend nos sociétés qui ne cessent de s'aveugler".

"Le multiculturalisme est une sorte de mosaïque des ghettos, Breivik a perçu ça, et apporté la réponse la plus monstrueuse" - Richard Millet
 

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Des auteurs mettent en cause sa présence dans le comité de lecture

L'éditeur de ce texte, Pierre-Guillaume de Roux, explique quant à lui que ce texte ne peut pas se comprendre sans les deux autres ouvrages publiés en même temps. Pour lui, ces propos s'inscrivent dans la tradition du pamphlet, qui grossit le trait de manière volontaire, et n'est pas matière à polémique.

Mais du côté des autres auteurs de Gallimard, le sentiment est mitigé. "La question d'une réaction collective est maintenant posée à tous les écrivains Gallimard", réagissait lundi Annie Ernaux dans Le Monde, remettant en cause la présence de l'auteur au sein du comité de lecture de la maison d'édition. 

"C'est de la provocation inutile et dégueulasse" - Tahar Ben Jelloun, auteur chez Gallimard  
 

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"Chacun a le droit de penser et d'exprimer ce qu'il veut"

D'autres auteurs sont moins intransigeants et s'inquiètent davantage de cette "levée de boucliers"."Ces textes sont attérants de bêtise", reconnaît l'écrivain Jean-Marie Laclavetin, "mais je pense aussi qu'il faut faire très attention a la police de la pensée : chacun a le droit de penser et d'exprimer ce qu'il veut." "Pour moi ce serait très grave que Gallimard le renvoie", ajoute-t-il.

"Il y a toujours eu chez Gallimard des gens discutables sur le plan des idées, c'est déplaisant... mais c'est son droit" - JM Laclavetin   

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D'autres évoquent enfin une manière d'attirer l'attention. Dans un autre ouvrage, Richard Millet indiquait : "Je suis un des écrivains français les plus détestés. Position intéressante, qui fait de moi un être d'exception."

Par Clara Beaudoux, Isabelle Labeyrie
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Je rejoints Bernard dans ses propos: On en a marre de cet aveuglement bien pensant, où dire du mal de l'Islam est un crime, mais où les Islamistes réclamant notre perte est considéré comme liberté d'expression!! arrêtons cela, et recentrons nos idéaux culturels et sociaux.
Avatar de anonyme
François Vuillez (anonyme),
Il faudra lire soigneusement ce qu'a vraiment écrit Millet. Ont tort tous ceux qui estiment que le cas BREIVICK ne mériterait aucune méditation; la "condamnation" restant tellement évidente, tellement inattaquable qu'elle empêche de penser plus loin. Premièrement Breivick est dans un rapport mimétique avec l'Islam violent actuel pour qui donner la mort ( ou se suicider ce qu'il n'a pas fait...) est l'acte suprême très évocateur du Tout-Puissant. Donc il est contaminé à son insu par l'Islamisme mortifère, plus que les jeunes socialistes qu'il massacre, qui eux, sont restés inversement des "chrétiens" en politique c e à d. inconscients et inconséquents, car ils méconnaissent les paradoxes de la Charité. Deuxièmement, ceux qui déplorent la formation actuelle d'une société en mosaïque contraire au génie français, même d'Ancien Régime, cux qui bien évidemment excluent comme "riposte" à cette évolution, dite d'ailleurs inexorable, des "solutions finales" par les persécutions, massacres et autres purifications éthniques, ceux-là sont les premiers à être bafoués, ridiculisés par ce zêlote délirant. Objectivement, Breivick a agi contre son prétendu objectif: il va contribuer à ce que la question des migrations massives et des déracinements contemporains soit examinée d'une façon frivole.
Avatar de anonyme
jonathan hall (anonyme),
Les bacilles de la peste ne meurent donc jamais?
Avatar de anonyme
olivier (anonyme),
Bonjour juste une remarque sur la maison Gallimard. Il se trouve que je lis la -déjà- ancienne (1984) biographie de gaston Gallimard par Pierre Assouline. L'attitude de Gaston Gallimard pendant l'Occupation a été bien ambiguë, c'est le moins que l'on puisse dire. Donc il serait souhaitable de ne pas assimiler cette maison d'éditions à un modèle de vertu. Les éditions Gallimard n'ont pas été les éditions de Minuit (Clandestinité, guerre d'algérie).
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