Ce mardi 7 février a été décrété "journée pour un internet plus sûr" par l’Union européenne. Des structures d’écoute ont été mises en place dans divers pays pour aider les victimes de problèmes sur internet, comme le cyberharcèlement des ados, qui s’est développé ces dernières années.
Sur la plateforme Net Ecoute, dans le XVIe arrondissement de Paris © Radio France Grégoire Lecalot
Au bout du fil, une mère angoissée. Son fils ne voulait plus aller au collège, parlait de se suicider. Elle a découvert qu’en réalité, il était devenu la "tête de turc" de sa classe. Mais une "cyber-tête de turc". Une partie de ses camarades, ou supposés comme tels, le brocardaient sur Facebook à cause de son physique. Jour et nuit.
L’écoutant de la plate-forme téléphonique Net Ecoute, gérée par l’association e-enfance, la rassure. Lui explique qu’elle a fait le bon geste en conservant toutes les traces écrites. Maintenant, il faut paramétrer le compte pour exclure les harceleurs… et porter plainte.
Des cas comme celui-ci, Netécoute en a géré des centaines l’an dernier. Mise en place en 2008 grâce à un financement de la Commission européenne, la plate-forme a traité 4.000 "contacts" l’an dernier, dont 10% concernant des cas de cyberharcèlement. Le reste concernant des problèmes d’argent, des contacts dangereux, des usurpations d’identités, ou de simples demandes d’informations émanant du monde éducatif.
Le cyberharcèlement, "jusque dans la chambre des ados, 24 h sur 24" Dominique Delorme, responsable de Net Ecoute
Depuis que Facebook a fait son entrée dans la vie des adolescents, les cas de cyberharcèlement ont augmenté. Facilité d’utilisation, difficulté à paramétrer son compte et à maîtriser ses données, autant d’éléments qui expliquent que les harceleurs apprécient ce réseau social, malgré les garde-fous existant.
Et quand un ado est pris pour cible, le calvaire est permanent : "Dans le temps, si un ado était pris comme tête de turc, il pouvait à la rigueur trouver un havre de paix le soir dans sa chambre", constate Dominique Delorme, responsable de Net Ecoute. "Aujourd’hui, avec les ordinateurs et la téléphonie mobile dans les chambres, c’est 24h sur 24".
Pas question pour autant de priver les adolescents de l’outil de base de leur génération. Il faut d’abord réprimer les dérives. Dominique Delorme constate que la sanction officielle, pénale ou au sein de l’établissement scolaire, fait généralement cesser le harcèlement. Mais avant de mettre en cause Internet, il faut aussi éduquer les parents. "On a parfois l’impression que c’est une nounou, l’ordinateur", soupire une écoutante. Les parents, explique-t-elle, doivent se réinvestir dans les activités de leurs enfants et s’intéresser à ce qu’ils font sur le net. Et suivre quelques règles simples : pas d’ordinateur dans les chambres, seulement dans les pièces communes, et pas d’accès à internet ou aux SMS le soir.

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