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La prison, école de la récidive ?

le Mercredi 19 Septembre 2012 à 07:15
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Le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint au 1er juillet dernier un nouveau record historique avec 67.373 personnes incarcérées pour environ 57.000 places selon les statistiques de l'administration pénitentiaire.

Le taux de récidive est de 46% chez les prisonniers condamnés pour crime et délit © Reuters - Robert Galbraith

Aujourd'hui le temps du tout carcéral est remis en cause. La ministre de la justice Christiane Taubira dévoile ce mercredi matin une circulaire de politique pénale. Sa nouvelle politique s'appuie sur plusieurs principes parmi lesquels on trouve l'individualisation des décisions de justice (ce qui implique un recours limité aux peines planchers), la lutte contre la surpopulation carcérale et la récidive grâce aux aménagements de peines.

Qu'est ce que la récidive ?

C'est poser la question suivante. Une personne sortie de prison va-t-elle y retourner ? Quelques éléments de réponses : pour les condamnés pour crimes et délits par exemple, le taux de récidive est de 46% dans les cinq années qui suivent leur sortie de prison.   

Derrière ces statistiques, il y a des histoires d'hommes et de femmes,  des vies parfois broyées par un système judiciaire qui n'a pas eu ou pas pris le temps de comprendre les causes du passage à l'acte.  

Marc est un cas emblématique. Cet ancien multirécidiviste est âgé aujourd'hui de 53 ans, voici son histoire. "La première incarcération à l'âge de 16 ans, on ne m'a pas donné d'alternative, j'avais été incarcéré à la prison de Fleury Merogis où j'ai commencé à rencontrer mes premiers amis. Ces amis que j'ai revu à l'extérieur et avec qui on est reparti dans la vie active, mais pas dans le bon sens ".

Pour Marc la prison a appelé la prison, et très vite on en arrive à ce que le magistrat Serge Portelli, vice-président du tribunal de Paris appelle la diabolisation du récidiviste. Selon lui cette attitude de la justice et des pouvoirs publics est contre-productive. 

"On regarde le récidiviste comme quelqu'un qui fait une sorte de grand pied de nez à la justice. En fait ce n'est pas cela. C'est un phénomène qui doit être vu dans ce que l'on appelle maintenant un parcours de délinquance, c'est-à-dire quelqu'un qui commet plusieurs actes, avec un début, souvent à l'adolescence, et puis une fin, car ça s'arrête un jour. Ce qui est intéressant c'est de voir pourquoi ça s'arrête".

Pourquoi on passe à l'acte, pourquoi on recommence ? Pour Marc, la justice ne s'est apparemment pas posée la question, sans quoi elle aurait pu déceler qu'en l'espèce, Marc était un jeune homme atteint d'une maladie héréditaire, la bipolarité, qui se caractérise par un dérèglement de l'humeur. Marc n'aurait en fait jamais dû aller en prison, mais devant un psychiatre pour être pris en charge et traité.  

Pour Marc, le premier délit et le premier passage en prison ont été le point de départ d'un engrenage infernal. Tout cela parce qu'il n'a pas eu d'autres alternatives. Certains en revanche ont eu plus de chance, c'est le cas de Laïd.

"On m'a proposé le bracelet ou la prison ferme ou le TIG [Travaux d'intérêt général]. J'ai choisi le TIG. En plus, j'étais chômeur. Donc ça m'a permis socialement parlant de me remettre sur pied. Maintenant j'ai un travail. Moi je voudrais que ça se multiplie les alternatives à la prison. C'est sûr."     

Trouver des alternatives à la prison, aménager les peines, c'est aussi le message que veut faire passer Marc. Pour lui la prison ne peut pas réinsérer car elle n'en a pas les moyens dit-il. La prison c'est de la répression pas de la réinsertion. Marc vante le travail des associations. Il est passé par l'association Neptune à Montreuil. C'est ce qui lui a permis de rebondir. La directrice de l'association Neptune s'appelle Raymonde Chabanon. Voici comment elle conçoit sa mission : "Accompagner quelqu'un c'est ne pas le condamner, c'est ne pas pleurer forcément avec, c'est de faire un bout de chemin avec lui en ayant le soin de l'avoir bien écouté, pour bien le connaître et essayé avec lui de trouver son chemin". Laïd l'a trouvé, Marc aussi.  

Le témoignage de Marc, multirécidiviste de 53 ans  
 

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