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La commune belge d'Uccle, un lieu de refuge pour les exilés fiscaux

le Mercredi 12 Septembre 2012 à 05:00
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On aurait pu citer d'autres communes parmi les 19 qui constituent la Région Bruxelles-Capitale,mais Uccle, dans le Sud-ouest de l'agglomération, attire plus que d'autres, à cause de son lycée français, de son côté "Neuilly-sur-Seine" avec laquelle elle est d'ailleurs jumelée. Mais Uccle est surtout sous les feux des projecteurs depuis qu'a été révélée la demande de naturalisation de Bernard Arnault.

La maison communale d'Uccle, où vivent 8.200 exilés français

Uccle est une commune décrite comme un endroit où il fait bon vivre pour les Français; ils sont 8.200 à y vivre. À eux seuls ils constituent plus de dix pour cent des Ucclois, selon Armand De Decker, le bourgmestre (le maire) de la commune. "Il y a des fonctionnaires européens, des cadres d'entreprises, des profils professionnels très divers" parmi les Français d'Uccle, "mais ceux qui viennent pour des raisons économiques et fiscales viennent aussi pour la proximité avec la gare du Midi et le Thalys qui met Paris à 1h22. Cette proximité géographique est un atout formidable pour Bruxelles en général et pour Uccle en particulier."

Et le bourgmestre estime que parmi eux, les Français qui vivent en Belgique pour éviter de payer en France l'impôt sur la fortune représentent une colonie non négligeable, même si personne ne les a recensés. 200.000 Français environ habitent le royaume; on sait qu'il y a 16.000 étudiants mais on n'a pas de chiffres pour les exilés fiscaux. Ils seraient quelques milliers tout au plus.

 

Échapper à l'ISF

 

À Uccle, ces Français fortunés trouvent en particulier dans les quartiers huppés de cette commune des biens immobiliers de prestige, des villas entourées de grands jardins et ce, à des prix qui défient toute concurrence avec la France, comme par exemple ce penthouse de 300 m2 avec terrasses et deux garages pour 950 000 Euros, une des nombreuses annonces recensées.

Ils sont d'autant plus prêts à mettre la main à la poche qu'en devenant contribuables belges, ils échappent à l'impôt sur la fortune. C'est par exemple le cas de Lofti Belhassine, fondateur d'Air Liberté et des clubs Aquarius. Il a quitté la France il y a quatorze ans lorsque le gouvernement Juppé a relevé le plafond de l'ISF. En Belgique, il a fondé une nouvelle entreprise, Liberty TV, spécialisée dans le voyage et le tourisme. Pour lui, la France a un système fiscal imprévisible et confiscatoire, en revanche, "la Belgique a un système fiscal normal. C'est la France qui est devenue anormale. Elle a un président normal mais c'est devenu un pays anormal par rapport au reste du monde. [...] Un pays où beaucoup de gens partent pour des raisons différentes devrait se poser des questions sur la rectitude de son organisation," dénonce-t-il.

Lofti Belhassine fait partie des Français installés en Belgique 
 

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Jusqu'à très récemment, les exilés fiscaux pouvaient aussi échapper aux taxes sur les plus-values lors de la revente de leur société, mais une exit tax vient d'entrer en vigueur en France : cette taxe à l'expatriation, une des dernières mesures décidées par Nicolas Sarkozy rend inutile toute tentative de s'exiler puisque les plus values théoriques sont taxées à la sortie, lorsqu'un chef d'entreprise quitter le système fiscal français.

Mais pour Maître François Collon, avocat bruxellois spécialisé en ingénierie patrimoniale, cette taxe de sortie pourrait avoir un effet inverse, car "les plus-values sont moins importantes au début de l'activité. Ça inciterait plutôt les entrepreneurs à quitter la France très tôt, plutôt que d'attendre le moment où leur société serait complètement florissante. C'est un obstacle, certainement, mais pas un obstacle décisif" tempère encore cet avocat fiscaliste.

Des prix gonflés pour les Français ?

 

Pour l'instant, les Français fortunés continuent d'être attirés par la Belgique et sa douceur fiscale relative. Ils commencent souvent leurs projets de déménagement en contactant Caroline Lucidi-Joubert. Cette Française installée à Bruxelles est chasseur immobilier : elle recherche pour ses clients français des villas luxueuses ou d'immenses appartements.

Elle leur fait aussi visiter la ville d'Uccle où certains Français sont un peu déroutés, car pour elle, "le point d'achoppement de la recherche, c'est que les Français, les Parisiens, recherchent une belle maison, mais ils veulent aussi une boulangerie au coin de la rue"et à Uccle, il faut souvent prendre sa voiture pour ses emplettes quotidiennes car les villas qui étendent leurs parcs sur des dizaines d'ares sont généralement éloignées des rues commerçantes, moins nombreuses qu'à Paris d'où provient une bonne partie des exilés fiscaux.

Il y a cependant pour eux un désavantage majeur à leur présence nombreuse dans ces quartiers, c'est la surévaluation importante des biens immobiliers haut de gamme. Les propriétaires belges ne se gênent pas pour proposer des prix en hausse si l'acheteur potentiel est Français (même s'il n'est pas du tout fortuné...) et certaines agences immobilières auraient deux tableaux de prix : des prix normaux pour les Belges et les autres et des prix largement arrondis pour les exilés fiscaux Français. Bruxelles en général et Uccle en particulier, pour reprendre l'expression du bourgmestre, ne constituent donc pas entièrement un exil doré.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
"... il y a pour eux un désavantage majeur à leur présence nombreuse dans ces quartiers, c'est la surévaluation importante des biens immobiliers haut de gamme. Les propriétaires belges ne se gênent pas pour proposer des prix en hausse..." Mais on marche sur la tete, le redacteur de cet article en vient a s'apitoyer sur les prix de l'immobilier en Belgique imposes aux "Riche C...!" qui fuient l'impot en France....!!!!! On est en plein delire???
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