aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Un nom, un visage et une histoire pour le présumé tueur de Toulouse et Montauban

le Jeudi 22 Mars 2012 à 07:27
  • Pas encore de votes

Du "groupe de Toulouse" aux vidéos d'Al-Qaïda, l'itinéraire du présumé tueur de Toulouse et Montauban

Presse 22/03/12 © Radio France - Jean-Christophe Martin

 

Un visage à la Une des quotidiens...

Le présumé tueur de Toulouse a désormais un nom, un visage et une histoire... La photo de Mohamed Merah, vous la découvrez ce matin à la Une du Figaro, du Parisien, de Vaucluse-matin, de la Nouvelle République, du Dauphiné ou encore de Sud Ouest...

Le tueur a un visage, il a aussi une histoire qui se construit au fil des pages ce matin dans la presse... Et décidément il se confirme que Mohamed Merah n'était pas un inconnu des services de police. Selon le Figaro, son nom arrivait même en tête de liste des individus de sa région connus pour leurs liens avec l'islamisme radical.

Damien Delseny souligne lui aussi dans le Parisien et Aujourd'hui en France que le patronyme Merah est loin d'être inconnu des services de renseignement.

Pour comprendre, il faut remonter à 2006... A l'époque, c'est le début d'une longue enquête sur ce qu'on a appelé le "groupe de Toulouse"... Ce réseau réunit des djihadistes dont certains souhaitent rejoindre l'Irak pour y combattre les Américains, d'autres veulent mener des actions sur le sol français.

Dans l'entourage de ce groupe figure justement le frère aîné de Mohamed Merah, Abdelkader, qui apparaît à l'époque dans la liste des personnes à surveiller.  

Dans l'enquête qui va suivre, les policiers anti-terroristes et les RG entament un long travail de surveillance autour d'une maison de l'Ariège. Dans cet endroit reculé, un émir franco-syrien anime une communauté fréquentée par de jeunes fondamentalistes de la région. L'enquête débouche sur une série d'arrestations dans des cités toulousaines et les enquêteurs parle de groupe structuré.

Les suspects sont condamnés à des peines de six mois à six ans de prison. Ils ont depuis été libérés, et les enquêteurs vont maintenant se pencher sur les liens qu'ils ont pu conserver avec les frères Merah. Une enquête qui pourrait apporter des réponses à l'une des questions toujours sans réponse dans cette affaire, la question d'éventuelles complicités ou de l'existence d'un réseau qui aurait financé ou aidé Mohamed Merah à passer à l'acte.

Il y a aussi un témoignage troublant ce matin dans la presse sur les antécédents de Mohamed Merah...

Le témoignage d'une mère de famille d'une cité toulousaine : l'annonce de l'identité de l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban lui a, dit-elle, coupé les jambes, c'est ce qu'elle dit dans le Télégramme qui publiait son témoignage dès hier soir sur son site internet...

Cette femme veut absolument témoigner de son histoire. "Je suis sidéré, la police savait", dit-elle, la police savait à quel point Mohamed Merah était dangereux. Selon cette mère de famille qui réside dans l'ancien quartier où vivait le tueur présumé, Mohamed Merah se présentait comme un moudjahidin qui allait mourir en martyr. Il l'avait menacé de mort, en la traitant d'athée qui devait payer comme tous les Français. Il avait aussi violemment agressé sa fille et son fils, roués de coups.

Après le dépôt d'une plainte restée sans suite, et face à cette inertie, cette femme affirme avoir plusieurs fois tenté sans succès d'alerter la police et la préfecture, y compris par écrit, sur le danger représenté par Mohamed Merah.

Il y avait d'abord eu cet incident déjà évoqué de 2010 : on avait vu Mohamed Merah dans sa cité, menaçant, encagoulé, en treillis, un sabre à la main...

Ce qu'ajoute cette mère de famille dans le Télégramme, c'est que la veille de cet incident, Mohamed Merah s'en était pris à son fils qu'il avait tenté d'embrigader et qu'il avait forcé à regarder des vidéos d'Al-Qaïda, vidéos insoutenables, des femmes tuées d'une balle dans la tête, des hommes égorgés, des scènes de décapitation...

Dans le salon de l'appartement, un immense Coran et des sabres accrochés au mur. C'était dans le même appartement où se trouve encore retranché ce matin le présumé tueur de Toulouse et Montauban.

La presse à la Une

La presse à la Une du 22/03/12 : avec Hervé Chambonnière du Télégramme   
 

Lecture
 
Partager

Un témoignage étonnant ce matin dans le Télégramme. Celui d'une mère de famille sur le comportement de Mohamed Merah...  "La police savait" dit-elle, elle savait à quel point Mohamed Merah était dangereux, elle explique dans le Télégramme pourquoi elle est aussi affirmative. Explications avec Hervé Chambonnière, l'envoyé spécial du Télégramme à Toulouse.