aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Ils préparent le vin de demain

le Mercredi 18 Septembre 2013 à 05:00
  • Pas encore de votes

Au delà des intempéries qui ont marqué le millésime 2013, la tendance est bien au réchauffement du climat. A l'Institut scientifique de la vigne et du vin près de Bordeaux, on teste de nouveaux cépages et on réfléchit à de nouvelles techniques de vinification pour faire face au plein soleil.

Pierre-Louis Teissedre, professeur d'oenologie, ici dans le chai-laboratoire de l'Institut scientifique de la vigne et du vin © Radio France - Jérôme Jadot

"Nous nous sommes toujours adaptés à des situations hautement plus catastrophiques que le réchauffement climatique." D'entrée de jeu, Jean-Philippe Roby, directeur adjoint du département Recherche de l'Institut scientifique de la vigne et du vin (ISVV), veut dédramatiser. Et de citer le phylloxera "qui a détruit 80% du vignoble europeen en 4 ans". Avec le climat le "pas de temps" pour réagir est selon lui beaucoup plus ample, une trentaine d'années. Jusqu'à présent, en tout cas dans le Bordelais, le réchauffement a été une aubaine. La décennie 2000-2010 a fourni une série de grands millésimes. "Il faut voir jusqu'où ça ira" met toutefois en garde Denis Dubourdieu, directeur général de l'Institut.

Des cépages du Sud testés dans le Bordelais  

Et si l'on en croit l'étude tout recemment publiée par le climatologue Herve Le Treut, ça ira assez loin. En 2100, il envisage ainsi des vendanges avancées de 40 jours pour le merlot, soit début août. Le risque est d'avoir des raisins trop sucrés, qui donnent ensuite du vin trop alcoolisé. D'ou l'intérêt des recherches conduites à l'ISVV.

Depuis 2009, 52 cépages y sont testés sur une parcelle expérimentale. Des cépages notamment venus de la Méditerranée, Portugal, Italie ou Grèce. Trois fois par semaine des échantillons de raisin sont soigneusement prélevés, pesés, pressés, centrifugés et analysés. Il s'agit de voir comment ces cépage se comportent en Gironde. Pour peut-être les y exploiter à l'avenir, en cas de coup de chaud.

Machine à "désalcooliser" le vin

Mais ce n'est pas la seule option. Face à un soleil de plomb, Pierre-Louis Teissedre, professeur d'œnologie à l'Université de Bordeaux Segalen, évoque la possibilité de couvrir la vigne de pergolas, pour lui faire de l'ombre. Tout l'enjeu est de limiter la production de sucre via la photosynthèse. Il imagine aussi des "doubles vendanges" : une plus tôt dans la saison avec des raisins peu alcoolisés et plus acides, une autre avec le raisin plus mûr. L'association des deux pouvant équilibrer le futur vin.

Plus en aval, il existe également des techniques pour "désalcooliser" un vin. Des machines utilisant par exemple l'osmose inverse. Et ce n'est pas de la science-fiction. Un règlement européen a récemment donné le feu vert à une extension de cette pratique.  

aller directement au contenu