Le mouvement cherche de nouveaux moyens pour communiquer, il veut aussi corriger son image, qu'il estime déformée. Entre nouveaux arrivés, défense des libertés et exercice collectif de la démocratie.
Vendredi, Anonymous organisait une conférence de presse en ligne pour cinq médias. © OWNI Ophelia Noor
Difficile pour Anonymous de se structurer pour porter sa voix. Pas d'attaché de presse et pas de service de communication non plus. Alors pour les interroger, il faut suivre certaines règles et ça se passe nécessairement en ligne, sur IRC. Les Anonymous francophones tiennent à nuancer : "Il faut dissocier hiérarchie et structuration, une voix ne vaut pas plus que l'autre. Tout le monde se concerte et les décisions se prennent avec la masse."
Si le groupe a récemment appelé à manifester, notamment contre le traité ACTA, il ne ne renonce pas à l'anonymat :
"Nous risquons parfois de lourdes sanctions pénales, il n'est donc pas déraisonnable que nous protégions tous nos identités, aussi bien sur le net qu'IRL (dans la vraie vie NDLR)."
La grosse centaine de participants à la discussion ferait figure de David, contre le Goliath des gouvernements et lobbies cinématographiques ou des grandes maisons de disques :
"Il faut bien se rendre compte que nos moyens pour lutter contre les gouvernements et les lobbies sont quasi nuls."
Hostile vis-à-vis de la police ou de la justice ?
Le mouvement tatonne et se ravise parfois. Il a par exemple participé à des actions anti réseaux pédophiles, sur des bases "morales", dit-il. Mais ces actions ont rendu "les preuves accumulées non recevables dans un tribunal" : "Ainsi, pensant bien faire, Anonymous a en fait saboté l'enquête de police." Plus question de chercher à épauler la justice dans ce type d'affaire donc.
Plusieurs Anonymous français présumés arrêtés ces derniers mois l'ont été par la police antiterroriste. À la recherche d'un ennemi intérieur ? Toujours est-il que les Anonymous rappellent que "pendant la Deuxième Guerre mondiale, les résistants étaient eux aussi appelés terroristes". Ainsi ils se décrivent comme les défenseurs des libertés sur Internet, mais aussi dans "dans la rue".
Un mouvement politique
Anonymous n'a pas revendiqué les attaques contre des sites d'extrême-droite français ces dernières semaines, ils les ont même démenties. Le mouvement n'a pas non plus voulu être "récupéré" par aucun parti politique. La défense de la démocratie (et les attaques contre les dictatures) et d'une liberté sans bornes sur Internet en est la preuve.
Le groupe n'appellera jamais à voter pour un parti ou un candidat (même si des passerelles avec les Verts ou le Front de Gauche semblent exister). Pas plus qu'il n'accepte d'être adossé à un mouvement politique "traditionnel". Mais son engagement à faire connaître le traité ACTA, à lutter contre Hadopi ou la loi LOPPSI fait du mouvement un acteur politique.
La difficile mise en place d'une parole collective d'Anonymous.

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