Des rassemblements partout en France aujourd'hui. A l'initiative des Anonymous et d'associations pour la liberté d'expression sur Internet, ils dénoncent l'accord ACTA qu'ils qualifient de "liberticide".
Les manifestants font appel aux références de la culture Internet © Radio France Pierre Breteau
Entre 300 et 400 personnes à Paris défilent entre Bastille et République. Au son de "ACTA ne passera pas", "nous sommes légion" ou encore de "liberté sur Internet", les centaines de manifestants se déplacent paisiblement. Un petit nombre porte des masques de Guy Fawkes, emblême des Anonymous, dont le film V pour Vendetta a participé au succès.
De son côté la police est un peu débordée, elle n'attendait qu'entre 50 et 100 personnes. Les organisateurs, eux, sont agréablement surpris par le succès de la manifestation. Car si 2.000 personnes étaient inscrites sur Facebook, arriver à plusieurs centaines pour un événement de ce genre est plutôt rare. Une manifestation rare en France mais pas en Pologne où cette semaine plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé contre l'adoption de ce texte par le Parlement.
"Un texte dangereux pour la démocratie"
Tous dénoncent "l'adoption sous le manteau" d'un accord international qui doit lutter contre la contrefaçon. Cet accord c'est l'ACTA (Anti-counterfeiting trade agreement) qui risque s'il est adopté par l'Union européenne, "de tuer la liberté" et de "créer une police privée" sur Internet, selon Jérémie Zimmermann de l'association la Quadrature du Net. Une "police" constituée des grandes majors et qui pourrait, sans faire appel à la justice, fermer des sites, supprimer des contenus (vidéos, photos, etc) puisque selon le texte, les ayants droits et fournisseurs d'accès à Internet doivent pouvoir "collaborer" plus efficacement.
Le texte ne prévoit au départ que de combattre la contrefaçon, mais selon les détracteurs de l'accord, son "périmètre pour des sanctions pénales est tellement vaste que tout acteur d'Internet pourrait se retrouver menacé pénalement", explique Jérémie Zimmermann.
"L'idée est de faire pression sur les acteurs de l'Internet pour leur faire prendre des mesures qui ne sont ni plus, ni moins, que des mesures de censure", le porte-parole de la Quadrature du Net ajoute que ce sont "les mêmes mesures qui sont prises dans les régimes autoritaires pour des raisons politiques seraient prises là au nom du droit d'auteur".

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