Parti d'Italie, le convoi de déchets nucléaires continue son cache-cache avec les militants écologistes

par Guillaume Gaven mercredi 25 juillet 2012 10:53
Alex Domanski Reuters

Le convoi a quitté Saluggia, dans le nord de l'Italie, dans la nuit de lundi à mardi. Il est passé par l'Yonne dans la soirée d'hier. Depuis, il a disparu. Les militants anti-nucléaires, qui l'attendaient ce matin à Versailles, ont perdu sa trace.

700 kilos de combustibles nucléaires usés sont donc quelque part en France, sur un train, en direction de l'usine de retraitement de La Hague. C'est tout ce qu'Areva a bien voulu confirmer. Un convoi est parti du nord de l'Italie, dans la nuit de lundi à mardi. Mais son itinéraire est secret ; en tout cas, il a été modifié à plusieurs reprises.

La préfecture de l'Yonne a bien voulu confirmer qu'il avait traversé le département hier soir. Les militants anti-nucléaires l'attendaient au petit matin à Versailles ; ils ne l'y ont pas vu. D'où leur énervement : "On dénonce l'opacité autour de ces transports de déchets, et leurs risques, car les règles de sécurité ne sont pas suffisantes", s'emporte Laura Hameaux, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. Qui ajoute  : "la France produit 1.200 tonnes de déchets par an, dont on ne sait pas quoi faire".

D'ailleurs, les militants anti-nucléaires en sont pour leurs frais. Ils ont eu beau se positionner sur ce qu'ils pensaient être le trajet du train, ils ne l'ont jamais vu - et n'ont donc jamais pu le stopper.

La sécurité des riverains en question

Sans prendre de position idéologique, les syndicats de la SNCF s'en mêlent... "On est dans le culte du secret, au détriment de la sécurité - normalement un avis est émis en gare pour avertir les cheminots, et là personne n'a rien vu", explique Philippe Guiter, secrétaire fédéral Sud-Rail.

La sécurité, c'est aussi ce qui gêne le député écologiste de Paris, Denis Baupin : "on fait passer des matières dangereuses en peine agglomération", constate-t-il. "L'information n'est pas passée auprès de la population, ni auprès des élus et il n'y a pas de plan de sécurité."

François Mativet, de Sortir du Nucléaire, attendait le train à Joigny, dans l'Yonne, hier...