Le mariage homosexuel au cœur de la fête de l'Assomption

par Baptiste Schweitzer mardi 14 août 2012 20:47, mis à jour le mercredi 15 août 2012 à 05h00
Christophe Petit Tesson Maxppp

Une prière va s'élever aujourd'hui dans les paroisses de France. Pour célébrer la fête de l'Assomption, les catholiques sont appelés à unir leurs voix pour marquer leur attachement à la famille. Les associations homosexuelles y voient une attaque en règle du mariage homosexuel et haussent le ton.

La prière universelle du Cardinal André Vingt-Trois émeut la communauté gay et chrétienne - Reportage de Lucie Barbarin  

Une prière qui fait débat. À l'occasion de la fête de l'Assomption,
les catholiques sont appelés à prier dans toutes les paroisses de France, pour
exprimer la solidarité avec les personnes touchées par la crise mais aussi pour
marquer leur attachement à la famille. Avec en creux, un refus du mariage
homosexuel au moment ou le gouvernement entend légiférer sur le sujet.

Le passage qui divise dans cette prière se limite à quelques
mots :

"Pour les enfants
et les jeunes qu'ils cessent d'être les objets des désirs et des conflits
des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère."

Cette prière ne
mentionne pas implicitement le mariage homosexuel, n'attaque pas directement la
question de l'adoption par les couples de même sexe, mais les associations
refusent de s'y tromper. Ainsi, Nicolas Gougain le porte-parole de l'Inter-LGBT
(Lesbiennes-gay-bi-trans) voit bien dans ce texte une intrusion de la religion
dans le débat :

"Parler des
familles, insister sur le fait qu'elles reposent sur un père et une mère (...)
on sait très bien que la prière fait allusion au mariage homosexuel."

D'autant que plusieurs
évêques ont déjà précisé leur pensée. Mgr Bernard Podvin, le porte-parole de la
Conférence des évêques de France a affirmé : "Ce n'est un scoop pour
personne que de dire que l'Eglise s'oppose au mariage homosexuel."

"Une remise en cause de la loi sur laïcité"

Interrogé sur la
question de l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, le cardinal
Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a expliqué : "Notre désir est
que la loi n'entre pas dans des domaines qui dépassent sa compétence. Un
Parlement ce n'est pas Dieu le Père."

Cette prière et ces
prises de positions "ravivent le débat autours de la loi de 1905" sur la laïcité, estime Nicolas Gougain. Elles inquiètent également le Parti radical
de gauche. Le PRG reproche ainsi à l'Église de s'immiscer dans le débat
politique en France.

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