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Nadine et Eva

le Jeudi 9 Février 2012 à 19:55
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A première vue, Mme Nadine a encore frappé. Dans une interview au Parisien, la ministre de l’apprentissage (qui n’a rien d’une apprentie en termes de vacherie) dégomme la candidate d’Europe Ecologie d’une phrase assassine.

Selon Nadine Morano, ouvrons les guillemets car elle va encore dire que les journalistes déforment ses propos, "le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique". C’est dit. Ca ne vole pas très haut. C’est de la rase motte absolue. On connaît des humoristes qui ont été virés pour à peu près ca. Et on n’ose pas imaginer ce que de tels propos auraient provoqué s’ils avaient été prononcés par un homme.

Mais, bon, elle est comme ca, Nadine Morano. Elle vit avec son temps. Elle est en phase avec son époque. Elle pratique la "buzz attitude". Elle inonde Twitter de formules vipérines ou tous ses adversaires sont massacrés, y compris l’orthographe. Elle est tellement "cash", "trash" et pour tout dire elle apparait tellement sincère et spontanée là ou d’autres sont formatés et langues de bois que son personnage de "madame sans gène" du XXIe siècle est devenu culte.

L’ennui, c’est qu’elle navigue assez régulièrement aux frontières de la vulgarité et qu’on ne sait plus très bien si elle fait partie de la sphère politique ou du monde de l’"entertainment" ce que souligne fort bien sa marionnette aux Guignols de canal+.

En fait, le problème de Mme Morano est celui de son utilité pour la majorité. Elle est à l’évidence l’un des soutiens les plus actifs du président sortant. Mais si on comprend assez facilement à quel dessein doctrinal ou tactique servent par exemple Eric Besson ou Claude Guéant, on situe moins bien la contribution idéologique que Nadine Morano peut apporter à l’Elysée. Car, comme dirait l’autre, "tous les soutiens ne se valent pas".