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Faut-il en rire ou en pleurer ?

le Mercredi 25 Janvier 2012 à 19:55
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A première vue, Andy Warhol avait raison. N’importe qui a droit à son quart d’heure de célébrité.

Hervé Morin en est la preuve éclatante. Jusqu’ici, avec son 0% d’intentions de vote dans les sondages, son bras droit qui passe à l’ennemi, sa campagne électorale d’envergure vicinale plus l’impérissable souvenir laissé par son passage au Ministère de la défense, on avait plutôt tendance à plaindre le candidat du Nouveau centre. Et même à le trouver sympa, inoffensif et gentiment décalé.

Mais il y a eu la petite phrase qui change tout. En déclarant qu’il avait assisté au débarquement des alliés en Normandie alors qu’il est né en 1961, le candidat du Nouveau centre est entré avec fracas au Panthéon des zozos de la République, de ceux qui improvisent, délirent et peuvent balancer n’importe quoi pour épater le chaland.

Et dans la foulée Morin remet ca en expliquant que "quand on est Normand, les croix blanches font partie de l’ADN". Bref, sa gaffe ne serait que la marque d’un enracinement profond, une forme aigue de patriotisme départemental. S’il avait été Meusien, il aurait vu la bataille de Verdun. Et natif de Reims, il eut été témoin du sacre de Clovis.

Alors, on se dit que mieux vaut en rire, comme le font par milliers les internautes. Sauf que. Sauf que M. Morin n’est pas un "pékin moyen". Il est l’un des ténors de la vie politique française. Il représente un courant d’idées respectable sur l’échiquier hexagonal. Et surtout, il est candidat. Il brigue nos suffrages. Il est l’un des acteurs de la plus précieuse des activités citoyennes, l’élection au suffrage universel.

On serait donc en droit d’espérer de lui un minimum de sérieux, de rigueur et pour tout dire de respect. On n’est pas au cirque. Et tout compte fait, peut être qu’à défaut d’en rire, on ferait mieux d’en pleurer.