Le procès de Frère Pierre-Etienne Albert s’ouvre ce matin devant le Tribunal correctionnel de Rodez, dans l’Aveyron. Le moine, qui fut longtemps le musicien star de sa Communauté des Béatitudes, comparaît aujourd’hui pour avoir commis des dizaines d’agressions sexuelles, pendant plus de quinze ans, jusqu’en 2000. Le religieux, aujourd’hui âgé de 60 ans, avait pourtant alerté sa hiérarchie dès les années 80.
L'abbaye de Bonnecombe en Aveyron où le moine a été démasqué en 2000. Il y vit toujours © Radio France Sophie Parmentier
Ses plus petites victimes avaient cinq ans, à peine. Frère Pierre-Etienne se considérait un peu comme leur « oncle ». Un gentil tonton avec une barbe, des lunettes, et une robe de moine qui inspirait, la plus entière confiance. D’autant que frère Pierre-Etienne était un peu une icône vivante, dans la Communauté des Béatitudes, mouvement charismatique, fondé dans les années 70, par un certain Ephraïm, alias Gérard Croissant. Dans cette communauté, présente aujourd’hui encore dans une trentaine de pays, les sœurs et les frères formulent des vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance reconnus par l’Eglise catholique. Les religieux vivent sous le même toit que des familles laïques, dans des maisons remplies d’enfants. Pierre-Etienne Albert est longtemps adulé de tous, grands et petits, parce qu’il est le brillant musicien qui compose les chants liturgiques sur lesquels tout le monde danse et chante, joyeusement.
C’est en 1978 que Pierre-Etienne Albert commet ses premiers attouchements sexuels, sur deux garçonnets, deux frères, qu’il caresse, dans leur pyjama, pendant leur sommeil, une nuit. Le moine agit aussi le jour, des enfants sur ses genoux, parfois lors de prières qui rassemblent de nombreux fidèles de la Communauté. En 1989, il raconte qu’il confie ses penchants interdits à l’un des responsables des Béatitudes, le docteur Philippe Madre. Ephraïm, le fondateur, sera aussi informé. Mais personne ne l’éloignera des enfants. Tout le monde ferme les yeux. Ce n’est qu’en 2001, que l’une de ses victimes, devenue mère, se décide soudain à saisir la justice, après une longue errance, une adolescence chaotique. Solweig Ely, qui a été victime d’attouchements durant les années 1989 et 1990 dépose plainte à Avranches. Pierre-Etienne Albert est alors convoqué par la justice, reconnaît aussitôt de lui-même des actes de pédophilie sur quinze victimes, mais la plainte sera classée sans suite, pour une histoire de compétence territoriale. Le dossier Pierre-Etienne Albert se perd étonnamment dans les méandres des tribunaux.
C’est une autre femme, Murielle Gauthier qui parviendra à stopper définitivement les agissements du moine pédophile. Cette jolie brune au regard pétillant est arrivée dans la Communauté des Béatitudes, en 2000, avec son mari et leur petite fille. A l’abbaye de Bonnecombe, où frère Pierre-Etienne réside alors, Murielle Gauthier a rapidement « l’intuition » que derrière le religieux en habit, se cache un pédophile. « Cette intuition ne vient sans doute pas de nulle part, dit-elle, c’est sans doute parce que moi-même, j’ai été victime de pédophilie durant mon enfance, dans une autre institution, qui s’appelle la DDASS. »
Murielle Gauthier, laique qui a démasqué le moine pédophile en 2000 © Radio France Sophie Parmentier
Après les premiers aveux de 2001, et l’inexplicable «oubli » de la justice, Murielle Gauthier devient « l’ange gardien » de Pierre-Etienne Albert. Aidée du père Jean-Baptiste Tison, prêtre de Bonnecombe, elle ne le lâche plus d’une semelle. Pour qu’il ne fasse plus d’autres victimes. Au sein de l’abbaye, les autres membres de la Communauté ont déserté, leur hiérarchie leur a tourné le dos, et les bannit, sans doute parce qu’ils ont osé dénoncer au grand jour la pédophilie d’un des leurs. En 2007, Murielle Gauthier pressent que le moine garde encore des secrets. Elle lui donne alors un grand cahier, lui demande de tout confesser. Frère Pierre-Etienne Albert finit par dresser une longue liste de 57 noms. 57 enfants victimes. Il écrit les dates, les lieux, et presque tous les prénoms des enfants. En février 2008, Pierre-Etienne Albert est enfin mis en examen. Son procès doit durer deux jours devant le Tribunal correctionnel de Rodez. « Il regrette ses actes et veut demander pardon », assure son avocate, maître Elisabeth Rudelle-Vimini. Elle-même regrette que Pierre-Etienne Albert soit seul à comparaître, sur le banc des prévenus. Pour les responsables des Béatitudes, le délit de non-dénonciation est aujourd’hui prescrit. Ils seront cités comme simples témoins, tout comme un évêque, qui avait été alerté, lui aussi, par le courrier d’une famille.

Copie de la lettre que le frère Pierre-Etienne assure avoir envoyée à sa hiérarchie en 2007 © Radio France Sophie Parmentier
Le témoignage de Solweig Ely, l'une des victimes du moine.
Enquête : Sophie Parmentier.

Air France réduit la voilure
La circulaire Guéant sur les étudiants étrangers devrait être abrogée la semaine prochaine
L'enquête sur la disparition d'un enfant à New York en passe d'être résolue, 33 ans après les faits
Document exceptionnel de la RTBF : le témoignage d'un chercheur belge emprisonné en Syrie
Le Mans : F.Thomas prolonge jusqu'en juin 2015
Bourgoin : Le club rétrogradé en Fédérale 1
Nice : Baker continue sa route
Critérium du Dauphiné : Evans, A.Schleck et Wiggins seront là
Finlande : Räikkönen n'y sera pas
Nanterre : Akono part à Lille
Interclubs / Lemaitre : " Je ne suis pas encore au niveau "
ChE (H/200m papillon) : Coelho 7eme
San Antonio : Parker intègre le deuxième 5 majeurs
Géométrie de caoutchouc, chorégraphie d'Aurélien Bory pour un chapiteau





