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Travailler pour étudier : le lot de plus en plus commun des étudiants

le Jeudi 17 Novembre 2011 à 07:15
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L'université Paris-IV Sorbonne a voté au début du mois une motion bannissant les cours le samedi matin pour permettre aux étudiants d'aller travailler. La décision doit encore être validée, mais elle révèle un vrai phénomène : le développement du salariat étudiant.

Selon une récente enquête de l'OVE - observatoire de la vie étudiante - un étudiant sur deux travaille régulièrement tout au long de l'année pour payer ses études. En 1997, la proportion était de 40%.

Plus inquiétant, selon cette étude, pour quatre étudiants sur dix, le revenu tiré du travail est indispensable pour vivre.

Si autrefois, les étudiants se cherchaient un travail pour se payer leurs loisirs et sorties, ces dernières années, les jobs étudiants sont devenus pour certains une véritable bouée de sauvetage pour palier la baisse de l'aide financière des parents, le montant des bourses insuffisant et l'augmentation du cout de la vie.

Désormais, toutes filières confondues, y compris les IUT, les écoles de commerce, etc. 50% des étudiants travaillent en parallèle de leur cursus. Cette proportion atteint même 70% dans les universités "classiques".

Jean-François Giret, enseignant chercheur en économie de l'éducation. Il a participé à l'étude de l'OVE.  

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Bien sûr, cela va de quelques heures de baby-sitting à des mi-temps de 20 heures mais selon l'enquête de l'OVE, il faut y voir une conséquence de la crise, même si cela devra se confirmer dans les prochaines études.

Les étudiants travaillent plus qu'avant et surtout font plus d'heures, au risque de pénaliser leur réussite. Ils sont souvent pris dans un "engrenage": plus d'heures travaillées = moins de temps pour étudier = échec aux examens. Le secret est de trouver le bon dosage.

L'observatoire de la vie étudiante estime qu'au-delà de 16 à 17 heures de travail par semaine, le risque d'échec dans les études augmente de 30 à 40%. D'ailleurs, 23% des étudiants salariés déclarent concilier difficilement travail et études.

Autre constat : si parfois, ces emplois ont un lien avec le cursus suivi et peuvent représenter un plus, une expérience, dans 68% des cas l'activité n'a aucun lien avec les études.

L'UNEF estime que le travail étudiant est "une réalité .. certes.. mais qui doit s'arrêter car il pénalise les étudiants dans leur cursus". Pour le syndicat majoritaire étudiant, ce phénomène permet de masquer "la responsabilité du gouvernement" qui ne donne pas les moyens financiers de lutter contre la paupérisation des étudiants.

Claire Fortassin, présidente de l'UNEF à Paris-IV Sorbonne.  

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Le Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Laurent Wauquiez n'est pas opposé au salariat étudiant, il considère même que "cela peut être un atout, une chance" mais il "veut lutter contre les abus [...] des outils législatifs existent".

Pour Laurent Wauquiez "il n'y a jamais eu autant de boursiers en France" ( 600 000) et "les bourses sont désormais versées en septembre et sur 10 mois [...] c'est aussi une manière de conjurer les excès".

                                                                             Philippe Poulenard

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Après les bénéficiaires du RSA assistés, voici que Super Wauquiez nous donne son avis sur les étudiants flemmards.... C'est un Monsieur qui, manifestement, n'a jamais connu la galère....
Avatar de anonyme
Pour Laurent Wauquiez "il n'y a jamais eu autant de boursiers en France" >>> Et on ne s'inquiète pas qu'il y ai un nombre de plus en plus élevé de boursiers ? N'est-ce pas justement un signe de la précarité croissante des familles de ces étudiants ??? De plus, la bourse maximum est d'environ 380 € par mois (donc uniquement pour les étudiants de famille à faible revenus). Qui peut vivre en France avec une telle somme ?
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