aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Pourquoi nos ancêtres n'allaient-ils pas se baigner pour le plaisir ?

le Dimanche 24 Février 2013 à 08:00
  • 8 commentaires
  • Votre évaluation : Aucun Moyenne : 4 (6 votes)

Ce n'est pas une question d'argent. Ce n'est pas que le peuple n'avait pas les moyens. On n'a jamais vu de tableau représentant Napoléon à la plage, ni Louis XIV, ni même François Ier. Et pourtant, il devait être tout aussi agréable pour eux d'aller se tremper dans la mer ou dans un lac quand venait l'été et que le soleil tapait fort.

Le Roi soleil © Fotolia.com - Georgios Kollidas

Peut-être nos ancêtres avaient-ils peur de se noyer? Dans ce cas, ils n'avaient qu'à rester près du bord. Et au-delà de la boutade, le principe d'Archimède était en vigueur avant même que l'homme n'arrive sur terre. Et certains savaient nager. Donc la réponse n'est pas là. 

L'explication, je l'ai trouvée sous la plume de Michel Serres, le philosophe que vous écoutez le dimanche dans "Le Sens de l'info",  que j'avais la chance de recevoir cette semaine à mon micro de "Tout et son contraire". Et c'est lui qui, en étudiant les changements de comportement induits par les progrès de la science et des techniques, a donné la clé. Rien à voir avec l'invention du chemin de fer, ni des congés payés. Il n'est pas question d'histoire politique, mais de médecine.

Pourquoi la baignade est-elle une pratique si tardive dans l'histoire de l'humanité ? 

Michel Serres : "C'est très simple. Autrefois les maladies ne guérissaient pas. Et comme elles ne guérissaient pas, les corps étaient pleins de bubons, de cicatrices, de plaies mal soignées. Et donc il fallait se couvrir. La fraise du Moyen Âge, ce n'était pas seulement un vêtement extraordinaire, mais c'était d'abord pour cacher ce qu'on appelait le collier de Vénus : parce que la vérole faisait éclater les ganglions du cou, ce qui était horrible. Et du coup, on ne se déshabillait pas parce que les corps n'étaient pas  montrables. Tout d'un coup, comme la médecine a réussi : il y eut moins de cicatrices, de bubons, de plaies variqueuses. Par conséquent on pouvait se montrer en public." 

8
Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Avec les tanneries et autres industries polluantes, les déchets et excréments, il aurait été bien téméraire de se baigner dans la plupart des cours d'eau... Mais les Indiens se baignent bien dans le Gange... Donc l'explication culturelle et religieuse paraît quand même comme celle qui tient le mieux la route...
Avatar de anonyme
Emmanuel de Villepin (anonyme),
Explications succintes ! on allait "aux eaux",pas toujours éloignées,comme Forges (76),mais on se méfiait des eaux putrides(Versailles). Quant à la mer ,les distances à cheval étaient considérables en durée et fort onéreuses.Il fallut 3 jours à Louis XVI pour gagner Cherbourg,un port de guerre tout neuf, vers 1780/85,et qu'un roi de France y découvre la mer !
Avatar de anonyme
En fait, c'est réellement pour une raison "médicale". La grande peste de 1348 avait tué une grande part des européens. Or, les "médecins" de l'époque avaient remarqué qu'une peau lavée avait les pores dilatés et avaient émis l'idée que le mal entrait par la peau et par la même logique qu'une peau sale pouvait protéger des maladies. Cette idée eut du succès dans les villes et la noblesse car la promiscuité favorisait effectivement la fréquence des maladies. Dans la profonde ruralité, les gens ne se lavaient pratiquement pas mais se baignaient quand même par plaisir dans les rivières ou à la mer, avec leurs vêtements. Tout cela fit le succès des poudres et autres parfums. Cette peur de l'entrée des maladies par la peau s'atténua vers la fin du 18ème siècle où l'on se plongeait dans l'eau au contraire pour calmer ses démangeaisons (cf Marat dans sa baignoire).
Avatar de anonyme
Jacques (anonyme),
Hors des considérations religieuses et médicales, il faut se souvenir de ce que nos ancêtres avaient peur des étendues d'eau naturelles. En Europe, de nombreuses villes sont construites à proximité de lacs, rivières importantes, ou de la mer (Valence en Espagne, Rome, ou Lausanne, ce sont les exemples qui me viennent en tête) , mais un peu en retrait, et seuls les marins et les pêcheurs habitaient directement sur le rivage.
aller directement au contenu