aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Industrie pharmaceutique et médecins : peuvent-ils être indépendants ?

le Lundi 4 Février 2013 à 07:15
  • 20 commentaires
  • Votre évaluation : Aucun Moyenne : 4.8 (5 votes)

Les autorités en avaient fait une priorité après le scandale du Mediator : bannir les conflits d'intérêt entre monde médical et industrie pharmaceutique. Plus d'un an après le vote de la loi Bertrand, le décret censé imposer plus de transparence aux laboratoires, se fait toujours attendre. L'affaire des pilules contraceptives met également en lumière les liens qui unissent certains grands praticiens et des fabricants de médicaments. Collaboration profitable ou dangereuse ?

On les a beaucoup entendus ces dernières semaines. De grands pontes en gynécologie se voulant plutôt rassurant sur les pilules de 3ème génération, alors que les plaintes d'utilisatrices se multiplient. "Les études qui laisseraient entendre un léger sur-risque ne sont pas des études qui amènent la certitude de leur danger" assurait le 2 janvier sur France Info Israël Nisand, chef du pole gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg.

Le sur-risque "est loin d'être admis par l'ensemble des spécialistes du monde entier" renchérissait le gynécologue endocrinologue parisien Christian Jamin le même jour sur France Inter.

Des praticiens reconnus, qui reconnaissent par ailleurs des relations de travail avec les laboratoires qui produisent les pilules contraceptives.

"Jamais les médecins n'inventeront de médicaments sans les laboratoires et jamais les laboratoires n'inventeront de médicaments sans les médecins" fait valoir Christian Jamin.

Il indique travailler avec cinq laboratoires dont Bayer, Teva Theramex ou encore HMA Pharma. Cela va de la participation aux recherches, à la formation de visiteurs médicaux, en passant par la rédaction de rapports.

Quand les industriels s'appuient sur les médecins renommés

Ces grands praticiens qu'on entend dans les médias sont particulièrement prisés des industries pharmaceutiques. "Les firmes ont constaté que c'est plus rentable pour elles d'influencer les experts de tel ou tel domaine", explique Bruno Toussaint directeur de la rédaction de la revue médicale Prescrire. "Parce qu'ensuite, de proche en proche, ces spécialistes renommés influencent les spécialistes un peu moins renommés et ainsi de suite jusqu'aux généralistes". Hervé Gisserot, président du Leem (Les entreprises du médicament) assume "être en relation avec les fameux leaders d'opinion". "Nous avons besoin de leurs recommandations", explique-t-il, "Lobbying ça n'est pas un gros mot".

Hervé Gisserot, le président du LEEM s'explique sur les liens financiers entre experts et industriels du médicaments  
Avec Bruno Rougier

Lecture
 
Partager

Un certain flou autour de la transparence

Transparence. C'était le mot clé de la loi Bertrand votée en décembre 2011, dans la foulée du scandale du Médiator. Afin de prévenir tout conflit d'intérêt, il était question que les laboratoires déclarent publiquement les liens qu'ils entretiennent avec les médecins. Mais le Conseil national de l'ordre des médecins redoute que le décret d'application, qui n'est toujours pas paru, soit édulcoré.

"Dans le projet de décret", regrette le Dr François Rousselot, membre du conseil, "la rémunération d'un médecin pour cinq ans de travaux de recherche ne devra pas être publiée, seulement les deux billets de train pour aller présenter l'étude à Marseille".

Une transparence d'ores et déjà mise en œuvre en revanche à l'ANSM, Agence nationale de sécurité du médicament. En charge des autorisations de mise sur le marché et de la surveillance des produits de santé, ses membres sont soumis à une déclaration publique d'intérêt. On peut ainsi lire qu'Annick Alpérovitch, présidente du conseil scientifique de l'agence depuis août 2012, a déclaré avoir continué à toucher des rémunérations du groupe LA-SER pour du consulting pharmaco-épidémiologique jusqu'au 31 décembre dernier.

Joseph Emmerich, un des directeurs nommés en mai l'an passé, collaborait encore le mois précédent avec le laboratoire Bayer. Il explique ne pas participer aux décisions concernant les médicaments ou les firmes pour lesquelles il a travaillé. Selon lui, "les experts n'ayant aucun lien d'intérêt n'auraient à priori, dans la plupart des cas, pas une connaissance clinique et pharmacologique d'un champ thérapeutique étroit".

Le professeur de médecine Joseph Emmerich explique le lien entre les laboratoires et les médecins  

Lecture
 
Partager
20
Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
clemence (anonyme),
tout comme christine , j'ai pris le même médicament ...mes enfants ont également le même syndrome ...mes enfants sont plus âgés que le sIen....ce qui prouve que rien n'a changé ...que ce produit continue à être prescrit aux femmes enceintes... attention, je ne dis pas pas que ce n'est pas un bon médicament , non , sûrement pas ! au contraire, il stabilise bien la maladie mais il ne faut pas le prescrire aux femmes enceintes ... moi aussi, je suis en colère que les médecins ne m'aient pas prévenue car j'aurai programmé mes grossesses , après instauration d'un nouveau traitement équilibré , moins nocif...ainsi mes enfants ne seraient pas nés handicapés ....et ainsi ils ne seraient pas à la charge de la socièté jusqu'à la fin de leurs vies puisqu'ils ne seront jamais autonomes et que lorsque mon mari et moi ne seront plus là ils devront vivres en foyer de vie pour handicapés ... et là qui paiera ? sûrement pas les médecins qui m'ont prescrit ce médicament ni le labo qui la commercialisé !
Avatar de anonyme
Cassandre (anonyme),
J'invite toutes les personnes qui critiquent au choix, les médecins, les labos et les médicaments à surtout, mais surtout bien ne plus prendre de médicaments, quelque soit leur pathologie. Et plus encore à ne plus vous rendre chez le médecin lorsque vous avez un bobo. Personne ne vous y oblige.Et si vous vous y rendez veillez à ne pas être frustré de ne pas avoir de prescription médicamenteuse, hein parce que j'entend certains d'entre vous dire qu'ils "n'ont pas cotisé à la sécu pendant des années pour rien". Tant qu'on y est, si les médecins et les labos sont tous nuls ou pourris qu'attendez vous pour faire des études de médecins ou créer votre propre labo, vous pourriez ainsi faire profiter le monde de vos compétences, efficacité, intégrité... Comment ça vous n'avez pas les compétences pour faire de telles études ! Voyons vous êtes bien capable de vous présenter comme des experts de la compétence des médecins ou des labos....
Avatar de anonyme
anonyme (anonyme),
Une étude clinque, c'est quoi ? En fait, les labos en font 10 et ils publient les 3 qui sont les plus élogieuses pour leur produit. Celles qui sont critiques, on les jette...
Avatar de anonyme
Pour les médicaments, il faut les interdire immédiatement dans tous les autres pays s'ils sont interdit dans au moins un. Ceci permettrait de diminuer les risques car les laboratoires pharmaceutiques feraient attention. Pourquoi envoient-ils des démarcheurs car seule la documentation est valable pour le docteur. Les mensonges, dits par les démarcheurs, font prendre des risques aux patients dont les docteurs sont les seuls responsables car ils n’ont aucunes preuves écrites. Les médicaments sont des produits dangereux pour la santé s’ils sont mal utilisés.
aller directement au contenu

Les plus consultés