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Les langues menacées de disparition

le Vendredi 7 Février 2014 à 10:55
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Parmi les 6.000 langues parlées sur Terre, il y a celles qui se portent bien comme l'anglais, l'espagnol, le portugais, le français ou encore le russe, parlées par des dizaines voire des centaines de millions de personnes. On compte plus d'un milliard de locuteurs pour le chinois. Mais il existe des langues bien plus confidentielles, un quart de toutes les langues du monde est parlé par moins de 1.000 personnes. Tous les 15 jours en moyenne une langue disparaît dans le monde. Une situation qui préoccupe les linguistes.

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Des langues en voie d'extinction © FranceInfo

Il y a beaucoup d'endroits comme en Amazonie brésilienne, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou encore au Nigéria où l'on peut entendre des langues parlées par seulement quelques dizaines de personnes. Des langues en grand danger, qui risquent de disparaître avec les dernières personnes qui les parlent.

La disparition des langues est un processus qui a toujours existé. Les langues naissent, vivent, évoluent et parfois meurent. Mais ce qui inquiète les scientifiques c'est l'accélération avec laquelle ces disparitions s'opèrent aujourd'hui. Selon l'UNESCO, la moitié des 6.000 langues connues dans le monde pourrait avoir totalement disparu d'ici la fin du siècle.

Les causes

La linguiste Collette Grinwald spécialiste des langues menacées, répond entre autre à cette question dans un article publié dans un hors série du magazine Pour la science consacré à l'évolution des langues.

La chercheuse indique "qu'autrefois une langue s'éteignait quand un peuple disparaissait physiquement, à la suite d'épidémies, de guerres ou quand la fécondité était insuffisante pour assurer son renouvellement. Aujourd'hui, les locuteurs adoptent, plus ou moins volontairement, une autre langue, la langue dominante". Parfois ils le font d'eux-mêmes pensant favoriser leur insertion ou celles de leurs enfants dans la société.

Dans certains cas le pouvoir politique exerce une pression directe pour que les habitants parlent la langue officielle. C'est ce qui s'est passé en France au 20e siècle. Le gouvernement français a réprimé les langues régionales en interdisant qu'elles soient parlées à l'école.

Une perte immense

Une langue est liée à une culture, à des savoirs. Quand une langue disparaît c'est un pan du patrimoine de l'humanité qui s'effondre. Une langue reflète aussi une certaine manière de penser et de regarder le monde. Très concrètement notre façon de considérer les couleurs, le temps ou l'espace est influencée par la langue que nous parlons.

L'immense diversité des langues donne aux scientifiques des outils pour explorer la pensée humaine. En comparant les langues entre elles, ils peuvent essayer d'identifier ce qu'il y a d'universel dans les langues humaines et tenter de voir si certaines caractéristiques de nos langages sont inscrites et programmées dans le cerveau de notre espèce.

Voilà quelques-unes des raisons et il y en a d'autres, qui ont conduit les linguistes depuis une vingtaine d'années à faire de la sauvegarde des langues une priorité.

Sur le terrain

Les scientifiques vont à la rencontre des derniers locuteurs de langues en passe de disparaître sans laisser aucune trace. Il s'agit le plus souvent de langues de tradition uniquement orale. Concrètement, leur travail consiste à écrire une grammaire, établir un dictionnaire et rassembler tout un ensemble de textes traduits, d'enregistrements audio et vidéo pour décrire cette langue. C'est un travail particulièrement long et minutieux.

Parallèlement à ces actions des programmes de revitalisation des langues sont menés, incitant les jeunes générations à apprendre la langue de leurs ancêtres.

Mais Collette Grinwald le reconnait elle-même : "Dans la majorité des cas, il sera difficile, voire impossible d'enrayer la disparition des langues". Alors pour essayer de limiter cette hécatombe linguistique annoncée la chercheuse préconise de "mettre en place des mesures qui favoriseraient l'apprentissage de plusieurs langues pour tous les citoyens du monde." Elle le résume joliment ainsi : "Parlons plusieurs langues pour ne jamais parler d'une seule voix."

A lire : Le Hors série du magazine Pour la science intitulé L'évolution des langues - quel avenir ?

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Jamal Talih (anonyme),
Pour Nord Ouest, c'est Zapher et fousse.
Avatar de anonyme
Jamal Talih (anonyme),
ZAPHER veut dire derrière ( une des nuances) du langage du temps réel ! Comme FOUSSE qui veut dire main (variante)
Avatar de anonyme
enfaitpourquoi (anonyme),
"Quand une langue disparaît c'est un pan du patrimoine de l'humanité qui s'effondre." triple bof cette phrase d'un gigantesque pompeux ! il y a des langues qui ne sont que des moyens de communiquer de façon très rudimentaire... C'est aussi une tendance normale que seules subsistent les langues assez fortes pour s'entretenir d'elles-mêmes... une sorte de sélection naturelle, qu'on ne remet plus en cause de nos jours pour beaucoup d'autres évolutions.
Avatar de anonyme
le neko (anonyme) @ enfaitpourquoi (anonyme),
Il se peut que certains actes culturels, écrits ou oraux, soient uniquement connus dans de telles langues rares. Voir disparaître ces langues, avant d'avoir pu réussir à les répertorier et à en faire l'inventaire, c'est voir disparaître des possibilités d'accéder à ces actes culturels, et donc, en soi, c'est déjà une potentielle perte de patrimoine. Mais ce n'est pas tout : les manières de s'exprimer différentes d'une langue à une autre, les locutions employées, les idées véhiculées par les mots, tout ce qui, dans une langue, fait partie de la culture, représente également une sorte de patrimoine. Perdre des langues c'est donc perdre une partie de la vision du monde véhiculée par ces langages et, certainement, par leurs locuteurs.
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