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Curiosity en quête de vie

le Samedi 15 Septembre 2012 à 15:00
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La sonde américaine Curiosity s'est posée sur Mars voici plus d'un mois. Progressivement, les ingénieurs testent ses instruments. Bientôt, la sonde de la Nasa va pouvoir chercher des traces de vie sur la planète rouge

A l'horizon martien, Aeolis mons. Photo D.Bouic/Nasa/JPL/Caltech/MSSS.

Cet impressionnant paysage martien révélé par Curiosity montre l'immense plaine d'Aeolis palus, où s'est posée la sonde américaine, dominée par Aeolis mons, le grand massif sédimentaire situé au centre du cratère Gale. En effet, contrairement à ce que l'intuition aurait tendance à nous souffler – "on voit ici le pic central du cratère, pic formé, comme sur la Lune, par le rebond de la matière brûlante au moment de l'impact" - cette montagne de 5500 mètres d'altitude environ n'est pas le pic central de Gale, mais un amas de couches sédimentaires déposées là depuis plus de deux milliards d'années...

A une certaine époque, le cratère Gale a peut-être été entièrement comblé de sédiments, puis l'érosion éolienne a progressivement libéré ce monticule central, Aeolis mons.

La perspective offerte par le panorama de Curiosity donne le vertige : face à la sonde, la plaine d'Aeolis palus, c'est-à-dire le fond de l'arène du cratère Gale, qui mesure 155 kilomètres de diamètre. Au centre, donc, Aeolis mons – le mont Sharp, pour les Américains, en complète contradiction avec la nomenclature martienne officielle – dont le vrai sommet est caché par les contreforts de la montagne, visibles ici. De part et d'autre d'Aeolis mons apparaissent, voilés par la brume martienne, les remparts lointains du cratère. Le pied de la montagne se trouve à environ 6 km du rover de la Nasa, quant aux remparts, ils sont distants d'une trentaine de kilomètres...

Dans les mois qui viennent, Curiosity va s'approcher d'Aeolis mons, puis commencer à étudier ses strates, qui affleurent directement dans la pente. Dans ses sédiments, supposent les planétologues, l'histoire de Mars, sur plus de deux milliards d'années, pourra être lue, feuillet par feuillet, à livre ouvert, ou presque... Si Gale, et ses sédiments, ont été choisis par la Nasa pour cette ambitieuse mission d'exploration planétaire, c'est que ce site a probablement connu à plusieurs reprises le passage de grandes quantités d'eau. Il est même possible qu'un lac aux eaux paisibles, au fond de Gale, ait reflété l'éclat de Phobos et Déimos, durant la nuit martienne, voici quelques milliards d'années. L'eau, c'est la vie, selon le mantra des exobiologistes, et l'espoir, donc, de trouver dans les strates de Aeolis mons les traces d'une vie passée, voire, pour les plus optimistes, celle d'une vie présente, cachée dans le sous-sol, que Curiosity va bien sûr creuser et gratter, à tout hasard...

Ce magnifique panorama martien a été réalisé par Damien Bouic, un astronome amateur passionné par la planète rouge et qui s'est spécialisé dans le traitement des images martiennes transmises par les sondes Spirit, Opportunity et maintenant Curiosity. C'est l'une des caractéristiques des images des dernières missions planétaires de la Nasa que d'être livrées au public, en temps réel ou presque. De fait, et assez curieusement, celles-ci sont souvent traitées, plus vite, et, comme ici, mieux, par des passionnés d'imagerie spatiale que par le service de presse de la puissante agence américaine. Pour réaliser ce panorama d'Aeolis palus, dont seule la partie centrale est vue ici, Damien a ajouté numériquement un ciel virtuel, mais très proche du ciel martien réel.

Serge Brunier

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